Ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens, El Malick Ndiaye a brisé le silence sur l’arrêt des travaux de la Boucle du Boudié (Sédhiou, sud du pays), jeudi dernier, lors de l’émission Faram Facce à la TFM. Le ministre de tutelle clôt ainsi le débat et apporte des éclairages.
Éclairage du ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens
«Vous savez ce qui se passe ? En réalité, on a trouvé que l’ancien régime avait commencé une infinité de projets. Mais les anciennes autorités n’avaient pas payé les entrepreneurs qui étaient chargés de l’exécution desdits projets. Et les dettes que l’État leur devait sont très élevées. Les entreprises, qui ont en charge de ces projets, ne pouvaient plus continuer de travailler sans être payées. Elles ont fini par arrêter les travaux», révélait El Malick Ndiaye, ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens lors de l’émission Faram Facce à la TFM. Le chargé de communication de PASTEF-les patriotes (parti au pouvoir) a ajouté ceci: «Actuellement, nous sommes en train de payer les dettes pour que les entreprises puissent reprendre les travaux. Je peux vous assurer que beaucoup de chantiers ont repris. Par conséquent, pour reprendre certains projets il faudra qu’on fasse un audit parce qu’on a trouvé des contrats et des commissions qui dépassent l’entendement. Cela concerne particulièrement les entreprises nationales. Parce qu’en ce qui concerne les entreprises internationales, elles font les travaux avec leurs propres financements. Donc on doit de l’argent à ces entreprises nationales et les dettes sont énormes. En collaboration avec le ministère des finances, nous sommes en train de payer les dettes (…)». Pour finir sur ce sujet, M. Ndiaye dira : «C’est la même situation qui prévaut au niveau de la Boucle du Boudié (Sédhiou). Mais retenez qu’en ce qui concerne ce tronçon, l’arrêt des travaux est plus lié au respect des études d’impact social et environnemental. Ces études n’étaient pas terminées. Le fonds anglais qui avait financé le projet n’avait pas validé cela. J’ai reçu le fonds en plus de l’ambassadrice. Je leur ai dit : cette Boucle du Boudié est une priorité. À ce titre, il faudra nous trouver une alternative parce qu’il faut que les travaux reprennent.».

Principales difficultés de l’exécution budgétaire et financière des travaux
Dans un rapport de l’Agence nationale de la statistique en 2019, il est noté : «Pour doter le Sénégal d’infrastructures structurantes aux meilleurs standards, le Gouvernement met en œuvre des projets importants à travers le Ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement. À ce titre, l’AGEROUTE qui pilote une bonne partie de ces projets, joue un rôle capital dans le renforcement des infrastructures routières sur l’ensemble du territoire national. Durant l’année 2019, il est noté l’achèvement de certains projets d’aménagement, de réhabilitation de routes ou de pistes et la poursuite d’autres projets. De plus, le démarrage de nouveaux projets est enregistré».
En 2019, plusieurs grands projets ont ainsi été achevés en vue de renforcer la mobilité urbaine et inter urbaine. Ces projets, constitués pour l’essentiel d’axes stratégiques, devraient redynamiser les échanges économiques et commerciaux dans les différentes zones d’intervention. Les travaux achevés en 2019 ont également porté sur l’aménagement de la Boucle du Boudié (Sédhiou-Kamoya-Marsassoum (54 km).
L’enquête menée par Demactu a permis de relever les principales difficultés liées à l’exécution budgétaire et financière des infrastructures routières que sont : l’insuffisance de ressources budgétaires pour certains projets et le retard accusé dans la mobilisation des ressources et dans le paiement des décomptes des entreprises et missions de contrôle. Ce qui justifie les grosses dettes soulignées par le ministre El Malick Ndiaye.
Retard forcé dans la livraison de l’infrastructure prévue en juillet 2025

La route du Boudié, qui est longue de 81 km et qui relie les communes de Sédhiou, Bambali, Djirédji, Bémet, Djibabouya et Marsassoum, est concernée par ces difficultés liées à l’exécution budgétaire et financière. Une information confirmée par Pierre Senghor, Directeur des travaux à EIFFAGE : «On a décidé d’arrêter les travaux pour non paiement des décomptes, c’est-à-dire des factures (non payées). Il y en a quatre qui sont en cours».
Les travaux d’aménagement de ce tronçon par l’AGEROUTE et l’entreprise EIFFAGE avaient démarré en 2022. Ils avaient été financés, à hauteur de 27 milliards FCFA, par l’État du Sénégal et ses partenaires de développement.
Les travaux de cette boucle du Boudié devraient être bouclés au mois de juillet 2025. Ils ont été malheureusement suspendus depuis le 21 mai 2024. Ce qui va forcément retarder la livraison de l’infrastructure routière aux populaires des localités concernées.
Par Abdoulaye DEMBÉLÉ
























































