Colonel de gendarmerie à la retraite, Sankoun Faty donne un avis très tranché sur le chamboulement au sein de la magistrature opéré lors de la réunion du Conseil supérieur de la Magistrature tenue, hier vendredi.
«Je ne sais pas pour les acteurs des assises sur la justice, mais moi, je me sens mal à l’aise suite à cette véritable démonstration de force de l’exécutif sur le pouvoir judiciaire constituée par ce «chamboulement dans la magistrature» comme titré dans la presse», s’indigne-t-il.
Pour ce digne fils de Sédhiou, «c’est la suprématie tant décriée de l’exécutif sur le judiciaire qui s’est ainsi manifestée» et il se «demande où sont passés les centaines «d’universitaires» et autres «intellectuels» qui avaient fait tant de bruits sur le mandat présidentiel».
«De mémoire de juriste, poursuit la même source, un mouvement de magistrats d’une telle ampleur ne s’est jamais produit au Sénégal. Bien que les procédures aient été respectées cette fois-ci contrairement aux décrets du 3 avril (dernier) annulant les dernières nominations de magistrats du Président Macky Sall, force est de reconnaître que, jamais, l’indépendance de la justice n’a paru aussi éloignée des engagements politiques et des attentes citoyennes».
Après cette remarque, M. Faty de glousser : «Plus que jamais. Il y’a nécessité de changer l’organisation et le fonctionnement du CSM (NDLR : Conseil supérieur de la Magistrature), le statut des magistrats et les rapports avec la chancellerie, pour les rendre conformes aux normes internationales en la matière et aux recommandations fortes du CNRI et celles issues des études menées par l’USM (Union syndicale des Magistrats)».
Abdoulaye DEMBÉLÉ



























































