Le mardi 27 août 2024, la ville de Sédhiou a été le théâtre d’une importante rencontre autour du Kankourang, cette figure emblématique de la culture mandingue. Sous l’initiative du préfet du département, un Comité régional de Développement (CRD) s’est tenu pendant six heures pour discuter de la régularisation et de la valorisation de cette pratique ancestrale.
L’événement a réuni une diversité d’acteurs de la société civile, dont des représentants de l’administration, des chefs religieux et coutumiers, des acteurs sportifs et culturels, ainsi que des entrepreneurs et hommes politiques du département.
L’objectif de ce CRD était clair : trouver un compromis qui devrait permettre de maintenir les traditions tout en répondant aux préoccupations contemporaines. Si certains, comme l’imam de la grande mosquée de Sédhiou, El Hadji Aboubacar Dramé, ont plaidé pour une interdiction pure et simple du Kankourang, craignant ses dérives, d’autres ont appelé à une régulation plus stricte de cette pratique. Majoritairement, les participants ont estimé qu’interdire le Kankourang reviendrait à porter atteinte à un pan essentiel de la culture mandingue, une perspective jugée «inconcevable» par beaucoup.
Parmi les solutions proposées, plusieurs recommandations ont été adoptées pour encadrer les sorties du Kankourang. Ainsi, il a été décidé que le Kankourang pourra se manifester tous les jours sauf les lundis et vendredis, des jours étant réservés aux cérémonies de « récupération des prises de main». Onze délégués de quartier seront désormais impliqués dans la prise de décision pour autoriser ou non les sortie du Kankourang, garantissant ainsi une meilleure organisation et une plus grande implication communautaire.
Afin d’éviter tout risque de confrontation, des zones sensibles notamment la gouvernance, la mairie, la préfecture, les structures de santé et le marché central ont été déclarées comme des franchises, ou endroits à épargner pour les manifestations du Kankourang. Cette mesure, approuvée par Mame Aly Diallo, 4e adjoint au maire de la commune de Sédhiou, «vise à concilier tradition et sécurité publique».
Cette rencontre témoigne de la volonté des autorités et des acteurs locaux de trouver un équilibre entre respect des traditions et adaptation aux réalités contemporaines, dans un contexte où la préservation de la culture mandingue demeure une priorité.
Alassane DIALLO, correspondant à Sédhiou
























































