Serigne Pathé Kébé, le fondateur du « Nabisme », organise, le mercredi 1er janvier 2025, à Sédhiou, la 24ème édition de son événement religieux, dénommé «Niarry Rakkas Pakao». Pour ce rendez-vous annuel, le guide spirituel prévoit un alléchant programme de deux jours, qui démarrera le mardi 31 décembre.
L’homme est d’un style mondain, mais sa dimension humaine dépasse toutes les limites. Serigne Pathé Kébé est tout simplement multidimensionnel. C’est le « père » du « Nabisme » à Sédhiou. «La confrérie Nabiste repose sur deux piliers essentiels : la valorisation de l’Islam et (la valorisation) du terroir », définit-il, se fondant sur les principes sacrosaints chevillés au corps. Le guide religieux, dans le livre qu’il a écrit, a précisé que le « Nabisme est une continuité de la pratique de l’Islam ».
Dans le Pakao, une myriade de jeunes s’identifie à lui. Le génie de cet homme de seulement 42 ans est dans le message qu’il véhicule constamment. Il sait quand est-ce qu’il devra sortir les mots qui éduquent et qui transforment les forces du mal en forces du bien. Aussi, il sait recadrer des jeunes qui tentent de suivre le mauvais chemin. «Il y a un temps, quand des gens m’insultaient certains de mes talibés s’énervaient… Je leur disais souvent que cela ne valait vraiment pas la peine. Pour moi, en effet, ceux qui ne nous suivaient pas, c’est parce qu’ils ignoraient notre état d’esprit. C’est souvent eux qui se rendent finalement compte qu’ils s’étaient trompés de bonne foi sur notamment notre personnage ou notre philosophie religieuse», explique-t-il, très stoïque.
Un événement célébré publiquement depuis 2004

Depuis 24 ans, Serigne Pathé Kébé organise annuellement l’événement dit «Niarry Rakkas Pakao». «L’organisation de cette cérémonie religieuse avait publiquement démarré en 2004, cela fait donc 20 ans aujourd’hui. Mais nous en sommes à la 24ème édition puisque SPK tient personnellement ces «Niarry Rakkas Pakao» depuis 2000. Ce n’est que 4 ans après, en 2004, qu’il a décidé de le faire avec tout le monde et en public», précise Cheikh Babou Sané, ce «Nabiste» convaincu et porte-parole du jeune marabout. «Nous, la communauté Nabiste, croyons profondément au Prophète (PSL). Lors de cet événement religieux, nous faisons de l’investissement humain parce que pour moi l’Islam c’est également la propreté publique. Nous donnons, aussi, du poids à la discipline au sein de notre mouvement», explique le marabout qui lance tout le temps le message qui conseille chaque jeune à croire en soi et à cultiver un modèle idéal de comportement. «Idéologiquement, cela a beaucoup aidé les jeunes à regarder grand, à croire véritablement en soi et d’être résolument ambitieux dans la vie», clame le fils du quartier Santassou, qui n’est plus à présenter chez lui. Personne ne doute, d’ailleurs, que son histoire sera forcément écrite en lettres d’or dans les annales de Sédhiou.
Même si l’intention de Serigne Pathé est de conscientiser absolument les jeunes, de les aiguillonner vers la droiture, il sait que le travail abattu en amont n’était pas de tout repos. Il a dû mener un combat titanesque pour réaliser, aujourd’hui, les résultats escomptés. «On s’est beaucoup battu contre la drogue. Et grâce à nos précieux conseils, beaucoup de jeunes ont pu abandonner la consommation de la drogue qui est nuisible à la santé humaine», se félicite « Borom Pakao», le cœur battant de satisfaction. En dehors de ses activités religieuses et politiques, SPK a initié dans son Sédhiou natal des festivals, des galas de lutte traditionnelle, des événements de hip hop, des activités culturelles comme le Diambadong… «Aujourd’hui, je dirais plutôt que ma mission est acceptée, mais elle n’est pas encore accomplie. Même ceux qui ne nous avaient pas compris au départ ont accepté aujourd’hui de vivre avec nous. C’est pour cela que je dis que la mission n’est pas encore accomplie mais elle est acceptée», disserte-t-il, le corps lourd de modestie.
Un héritage lourd à perpétuer

Comme dans toutes les confréries, l’héritage est perpétué par les héritiers du «Khalife», qui est un personnage de haut prestige. Est-ce que Serigne Pathé Kébé prépare déjà ses fils à son legs ? «Je n’apprends presque rien à mes enfants, je leur demande juste de se respecter et de respecter les autres. Cela est primordial dans la vie en société, et c’est le discours que je ne cesse de tenir à mes enfants», affirme-t-il, peu préoccupé actuellement par son héritage puisqu’il devra tout donner pour que la mission qu’il s’est assignée depuis 20 ans puisse être effectivement accomplie.
Le guide religieux affirme, cependant, qu’il confie ses enfants «à leur propre conduite» et leur rappelle toujours que «l’avenir, c’est Allah qui le détermine». Voilà pourquoi, SPK recommande : «Restons des êtres humains et laissons le reste entre les Mains du Tout Puissant».
Par Abdoulaye DEMBÉLÉ
























































