Malang Dabo, un jeune artiste en pleine ascension, incarne l’espoir et le talent musical de la région de Sédhiou. Né dans la banlieue dakaroise, à Yeumbeul, Malang a commencé sa carrière en tant que danseur avant de se lancer dans la musique. C’est dans le village de Simbading, dans la région de Sédhiou, qu’il a véritablement trouvé sa voie. Très vite, sa passion pour la musique l’a poussé à s’installer dans cette région, où il s’est imprégné des réalités sociales qui l’entourent.
Son engagement artistique est profondément ancré dans les problèmes sociaux de sa communauté. À travers ses chansons, Malang Dabo aborde des thèmes tels que les grossesses précoces, l’abandon scolaire et les conditions de vie difficiles des femmes. Il se fait le porte-parole de ceux dont la voix peine à se faire entendre, mettant la musique au service de la lutte pour le changement et la sensibilisation.
Lors d’une interview, Malang exprime sa reconnaissance envers son ami, monsieur Abdoulaye Diop, ancien Ministre de la Culture. «Je suis le premier artiste à chanter pour lui dans la région», confie-t-il. Cependant, il ne manque pas de souligner que, bien que l’ancien ministre ait eu une carrière marquante, il n’a pas fait grand-chose pour soutenir les artistes locaux, notamment en matière de regroupement et de valorisation de la culture régionale.

La situation des artistes de Sédhiou, selon Malang Dabo, est particulièrement préoccupante. La région souffre d’un manque de structures adéquates pour accueillir les artistes et promouvoir leur travail. Le centre culturel local est actuellement installé dans une maison en location, un cadre qui ne permet pas aux artistes de s’épanouir pleinement. «Ce n’est pas un bon environnement pour les artistes. C’est un espace restreint, sans véritable structure», déplore-t-il.
Face à cette situation, Malang Dabo lance un appel vibrant à tous les artistes de Sédhiou et de la Casamance : «Il est temps de se rassembler autour d’un idéal commun : la valorisation de la musique locale. Nous devons nous unir, nous battre pour les intérêts des artistes locaux. » Malang déplore la disparition de l’association RAMS, qui jouait un rôle essentiel dans l’unification des artistes de la région.
Il interpelle également les autorités étatiques pour qu’elles apportent un soutien concret à la culture locale, notamment en délivrant une carte d’identification nationale pour les artistes. Une telle carte permettrait à ces derniers de se faire reconnaître et de pouvoir exercer leur art en toute légalité, partout au Sénégal.
À travers son engagement et son œuvre, Malang Dabo se positionne comme un acteur majeur du renouveau culturel de la Casamance, déterminé à mettre en lumière les enjeux sociaux et à faire entendre la voix de sa région.
Alassane DIALLO (Correspondant à Sédhiou)
























































