Nous tous avons constaté depuis le second mandat de maître Abdoulaye Wade jusqu’au magistère de Macky Sall, que des acquisitions de terres agricoles par des étrangers sont récurrentes au Sénégal, notamment dans les régions de l’intérieur.
La zone Nord, la zone Centre sont les plus touchées. Globalement, c’est plusieurs milliers d’hectares de superficies cumulées de terres agricoles qui ont été cédées à des sociétés étrangères (chinoises, indiennes, françaises…) et à des hommes d’affaires comme Frank Timis, Boloré qui sont maîtres dans l’art de la recèle de biens.
Leur mode opératoire : ils débarquent dans un pays comme le Sénégal, cherchent une porte d’entrée au Palais : le frère, la sœur ou même un proche ou homme de confiance du président est rencontré et le projet lui est soumis avec souvent des récompenses alléchantes.
Si cela ne passe pas, c’est le ministre des Finances du pays qui est saisi puisqu’il assure la tutelle des DOMAINES (foncier). Dans tous les deux cas, le maire de la zone concernée est mis devant le fait accompli ou alors il est associé et également récompensé de manière onéreuse. Des gens se sont battus pour devenir maire afin d’intégrer ce cruel business du foncier.
Les protestations n’y pourront rien puisque les forces de l’ordre, l’administration territoriale souvent sous tutelle politique, feront la courbette, la muette et la sourdine. Tous les foyers de contestation de la cession des terres sont éteints à coup de billets de banque ou par intimidation et répression policière.
Pourquoi ses terres ?

En réalité, ces hectares de terres sont des leviers pour l’accès aux crédits bancaires. Elles sont utilisées comme garanties pour l’acquisition de crédits bancaires culminant à des centaines de milliards. C’est ainsi que Franck Timis et d’autres ont pu lever des milliards avant de revendre les terres à d’autres privés. Même les impôts et taxes sont ignorés des transactions sous le couvert du ministre des finances qui du haut de son poste, peut supprimer des impôts et redevances en taxes sans passer par l’Assemblée nationale pourtant seule habilitée à voter des exonérations d’une telle envergure.
D’autres politiciens et hommes d’affaires sénégalais ont adopté ce mode opératoire depuis quelques années : Madiambal Diagne, Cheikh Yérim, Farba Ngom et plusieurs ministres, députés et responsables de l’ancien régime se seraient illustrés dans cette pratique indigne qui n’a de soubassements que l’enrichissement illicite et l’accumulation outrancière de biens par concussion et trafic d’influence.
Pratiquement pas un seul grand lotissement et morcellement de terres agricoles ou habitables où ils sont absents des acquéreurs ! Ils sont d’ailleurs bénéficiaires de plus de la majorité des parcelles et juste moins de 10℅ est accordé aux pauvres sénégalais pour justifier le bien fondé du morcellement. Pour couronner le forfait, ils donneront une infime partie à des marabouts et chefs coutumiers afin de dissuader toute tentative de gèle en cas de changement de régime ou de protestation populaire.
Lorsque la tentative de levée de fonds sur crédits bancaires échoue, c’est l’arrêt total du semblant de projet agricoles et le licenciement de plusieurs villageois employés du fameux projet agricole mort-né. Cette pratique a gagné d’autres contrées comme la Casamance, la zone orientale (Kédougou, Tamba) car elle est juteuse et crée des milliardaires en un clin d’œil et sans investissements réels.
En milieu urbain, c’est la construction d’édifices publics qui est avancée. Le fameux « pour utilité publique » est le prétexte pour s’octroyer plusieurs parcelles qui sont généralement partagées entre fonctionnaires de l’administration, politiciens, hommes d’affaires et petits marabouts et magistrats.
L’exemple du nouveau Tribunal de Guédiawaye est assez édifiant. Plusieurs parcelles distribuées alors qu’un vaste domaine avait été exproprié pour soit disant construire le Tribunal bien au-delà de la superficie nécessaire. La suite est connue : partage du « gâteau foncier » entre certains magistrats, politiciens de l’APR, journalistes pro APR, et d’autres gourous du régime de Macky Sall.
En conclusion, ce sont les pouvoirs publics, des fonctionnaires qui ont spolié le Sénégal depuis plus de 20 ans. Le. « Mal sénégalais » n’est donc pas à chercher ailleurs ! Des cadres de la Fonction publique, des politiques véreux sont les principaux spoliateurs, ces « fauves » qui ont dévoré et dévorent encore les biens du Sénégal, hypothéquant ainsi le présent et l’avenir d’un peuple laissé à lui-même.
Plus jamais ça ! Arrêtons l’hémorragie !
Ansou Sambou, membre de PASTEF

























































