Ancien 1er vice-président du Comité national de Gestion (CNG) de la lutte, Meïssa Ndiaye estime, dans cette interview, qu’on ne pouvait pas leur imputer la faute de n’avoir pas instauré une fédération de lutte. L’ancien collaborateur de Bira Sène déclare également qu’ils avaient réussi à pacifier le monde de la lutte, à réduire la violence.
Votre départ du CNG était-il une surprise pour vous ?
Nous avions été nommés en 2020. D’autres personnes ont bénéficié de la confiance de l’autorité de tutelle en 2024. D’autres prendront le pouvoir après eux. Ainsi va la vie, c’est cela le cours normal des choses. L’essentiel, c’est qu’à chaque étape, qu’on puisse évaluer, se demander si réellement les missions qui nous ont été confiées, nous les avions bien accomplies ou pas. Le sentiment que j’ai eu, c’est d’avoir terminé le mandat avec beaucoup de fierté.
Qu’entendez-vous par beaucoup de fierté ?
Nous avions réussi à pacifier le monde de la lutte, à réduire la violence, à faire aimer davantage la lutte par les Sénégalais, à créer un environnement saint au point que maintenant il y a eu une floraison de promoteurs, de possibilités de belles affiches… Nous avions également réussi, en 2023-2024; l’une des meilleures saisons de l’histoire de la lutte sénégalaise. Tout cela, c’est parce que nous avions pu mettre un environnement très saint. L’autre innovation, c’est que personne ne peut contester l’intronisation de la Var dans ce sport. C’était une demande sociale que nous avions satisfaite au grand bonheur des acteurs de ce sport de chez nous. La liste de nos réalisations est loin d’être exhaustive. J’éprouve un sentiment de fierté, de satisfaction, de devoir accompli. C’est le moment de rendre grâce à Dieu qui nous avait donnés cette force morale pour mener à bien les missions qui nous ont été assignées. Ce n’était pas évident. On était arrivés à un moment où il y a eu la pandémie de Covid-19, où le monde de la lutte était bouleversé par des crises multiformes, où les ressources additionnelles commençaient à se faire rares… Et avec l’appui de Dieu, nous avions réussi à offrir aux populations, notamment aux amateurs de lutte, des plateaux qui leur ont valu de meilleurs motifs de satisfaction. Au moment de ce passage de témoin entre le président Bira Sène et le président Malick Ngom, j’ai été animé par un sentiment de grande satisfaction et de fierté.
Vos projets irréalisés ?
Je suis un comptable de métier qui sait effectivement qu’en matière de bilan, il y a un actif et un passif. Mais pour être honnête, je me demande où est-ce qu’on va trouver les données du passif dans notre bilan durant nos quatre ans au CNG. Tellement que l’actif est trop dominant par rapport au passif. Il est vrai qu’on ne peut pas satisfaire tout le monde mais s’il y a vraiment un point qu’il faudrait mettre dans notre passif, c’est qu’on ne peut pas satisfaire tout le monde. Et c’est là où, malheureusement, on nous a collés quelques motifs. Il s’agit surtout des sanctions pécuniaires des lutteurs. Très honnêtement, je me demande dans quel sport au monde il n’y a pas de sanction financière…Ce sont des textes qui étaient là avant notre arrivée. Nous n’avions fait que les appliquer strictement. On rappelait constamment les règlements aux lutteurs qui préféraient les transgresser. Et en cas de sanction, on nous incriminait. Il faudrait qu’on revoie vraiment nos copies si on veut assainir ce milieu de la lutte.
Aller vers une fédération de lutte, était votre mission principale, l’aviez-vous accomplie ?
C’était une commande du ministère des Sports. Il nous avait demandés de poser des jalons pour aller vers une fédération. Cela ne voulait pas dire qu’il fallait directement installer une fédération. Nous avions fait le nécessaire en faisant tout ce qu’il fallait pour aller vers une fédé. Il restait la définition de la politique par l’État, puisque c’est lui qui devait décider si on devait rester en comité ou aller vers une nouvelle structure. L’autorité ministérielle n’avait pas jugé nécessaire de franchir une autre étape. Le nouveau ministre des Sports, Khady Diène Gaye, a imposé à la nouvelle équipe dirigeante du CNG d’aller vers une fédération. Mais tout ce qu’il fallait faire, c’est-à-dire écrire les textes, en discuter et en parler avec les acteurs, le CNG de Bira Sène avait fait tout cela. On ne pouvait pas nous imputer la faute de n’avoir pas instauré une fédération, parce que ce n’était pas de notre compétence. Jusqu’à notre départ du CNG, on n’avait jamais reçu de lettre officielle nous demandant d’instaurer la Fédération sénégalaise de lutte (FSL).
Votre avis sur la nomination de l’arbitre Malick Ngom ?
Je prie Dieu qu’il puisse réussir sa mission. Sa nomination est venue à un moment trop critique puisque beaucoup d’acteurs de la lutte ont porté sa candidature et portent un grand espoir sur lui. On va continuer à prier pour lui. Et on attendra la fin de son mandat pour apprécier. Notez que tant qu’il y a vie, il y a espoir.
Par Alioune Badara TOURÉ
























































