«Chronique du Frère soucieux» est une rubrique animée, tous les mercredis, sur demactu.com, par le chroniqueur Diamba Mané. Ce dernier cherche à éveiller les consciences des membres de la Oumma, à travers des rappels islamiques. Il met en lumière la réflexion personnelle et l’engagement dans la pratique de l’Islam. C’est une série de rappels et de réflexions qui visent à réveiller les cœurs des musulmans et à renouveler leur engagement dans l’adoration d’Allah à travers la lumière du Coran et de la Sunna. Aujourd’hui, la chronique parle du «cœur de la Oumma qui saigne».
Louange à Allah, Seigneur des mondes, Celui qui nous a créés, guidés et comblés de bienfaits visibles et invisibles. Nous Le remercions pour le don inestimable de l’Islam, pour la lumière du Coran, et pour l’envoi de notre noble Prophète Muhammad (paix et salut sur lui), modèle parfait d’excellence, de patience et de miséricorde.
Que la paix et les bénédictions soient sur lui, sur sa famille, ses compagnons, et sur tous ceux qui marchent sur ses traces avec sincérité jusqu’au Jour du Jugement.
Chers frères, chères sœurs en la foi,
Aujourd’hui, nos cœurs pleurent. Notre Oummah saigne. Les blessures ne sont pas seulement visibles : elles sont profondes, enracinées dans l’oubli, la désobéissance et la perte des repères. Autrefois fière par sa foi, unie par ses principes et respectée pour sa morale, la communauté musulmane traverse une ère sombre de confusion et de dilution des valeurs.
Les maux sont multiples, les symptômes criants : individualisme, perversité normalisée, inversion des repères, perte de spiritualité… Notre jeunesse, joyau de demain, se laisse happer par les mirages d’un monde qui a tourné le dos à Allah.
Mais devons-nous rester spectateurs de cette hémorragie ? Ou devons-nous panser les plaies avec les remèdes du Coran et de la Sunna ?
Cher frère, chère sœur en la foi,
Le monde moderne traverse une crise morale sans précédent. Jamais auparavant la corruption des âmes et la désintégration des valeurs humaines n’ont atteint une telle ampleur. À tous les niveaux – politique, social, éducatif, économique – la dégradation est palpable et menaçante.
Les bonnes vertus, naguère fondations solides de toute société humaine, cèdent peu à peu la place aux vices les plus abjects.
Les liens sacrés du mariage et de la parenté se dissolvent dans l’individualisme et l’égoïsme. Le respect, pierre angulaire de toute relation harmonieuse, s’efface : les enfants n’honorent plus leurs parents, les époux se méprisent mutuellement, l’autorité est contestée dans l’insubordination et le mépris.
La pratique du mal, autrefois dissimulée par honte, s’étale aujourd’hui ouvertement, encouragée par l’aveuglement des autorités et amplifiée par un audiovisuel devenu instrument de perversion massive. Alcoolisme, prostitution, délinquance juvénile, usage ostentatoire de drogues et exhibition des turpitudes : la liste est sans fin.
Cher frère, chère sœur en la foi,
Un autre message que j’ai reçu, que je voulais vous faire partager, ce sont de très bons exemples et il en manque tellement, cette société qui a rejeté un Seigneur Omniscient et un chemin à suivre tellement clair, un peuple formaté à suivre leurs instincts, leurs passions jusqu’à tomber dans l’insouciance et la dépravation, ne fait même plus la différence, entre ce qui est pur et ce qui est souillé, entre ce qui est juste et son contraire, entre ce qui est droit et ce qui est tordu, tel est l’athée ou le laïc (c’est selon) qui se livre dans une voie sans limite; sans guidance les hommes d’aujourd’hui dans notre société dite moderne.
« Quel mauvais exemple que ces gens qui traitent de mensonges Nos signes, cependant que c’est à eux-mêmes qu’ils font du tort. Quiconque Allah guide, voilà le bien-guidé. Et quiconque Il égare, voilà les perdants. » S7 v.177-178
Certaines femmes musulmanes sont rabaissées au rang « d’objet » par ces méchants hommes musulmans…
Dans certains jeux télévisés, la « femme » ne sert qu’à présenter les objets pour lesquels on doit deviner le « juste prix » (certains auront deviné de quel jeu il s’agit). Alors on lui met une mini-jupe, et son job c’est : sourire tout en montrant l’objet en question.
Dans certains bars, des hommes sont assis à boire ce qu’ils veulent, pendant qu’une femme à demi-nue danse sur le comptoir. Et son rôle c’est de danser afin de séduire les hommes (clientèles).
Dans certaines pubs télévisées, ayant pour but de promouvoir un parfum, on montre une femme toute nue. Son job : mets-toi toute nue. Non, ne dis rien, ne parle pas, ton corps suffira.
Dans certains clips musicaux, la « femme » sert de décoration. Alors on voit le rappeur au milieu de l’écran faire ce qu’il a à faire, et dans le fond, on voit : des voitures de sport, des montres de luxe, des billets verts, et des femmes à moitié nue. Autrement dit, ici, son job, c’est le même que celui de la voiture.
Dans certains pays du Nord, loués pour leur démocratie et leur respect des droits de l’homme, des femmes sont carrément en vitrine. Comme des chaussures. Elles sont exposées en vitrine des boutiques. L’homme passe et choisit celle-ci, ou celle-là. C’est le comble même, le paroxysme de la comparaison avec un objet : on te prend, on te met en vitrine. Incroyable !
Chacun se croit absolu, maître de lui-même, juge suprême, ignorant volontairement toute règle transcendante.
Cher frère, chère sœur en la foi,
Aujourd’hui, la notion même de pudeur est moquée. Les vêtements qui couvraient deviennent rares ; ceux qui refusent de s’exposer sont traités d’arriérés. L’honnêteté est perçue comme de la naïveté ; la fidélité comme une faiblesse. La musique, autrefois vecteur de sagesse dans certaines civilisations, est désormais un flot de vulgarité et d’insultes à la morale.
Quant aux réseaux sociaux, ils sont devenus des vitrines de l’égo, du vice et de la rivalité malsaine. Chacun veut briller, peu importe à quel prix : faux corps, faux luxe, fausse vie.
Des jeunes filles s’endettent pour « paraître » parfaites, oubliant que la vraie beauté est celle de l’âme. Des jeunes garçons se perdent dans les paris sportifs, les jeux d’argent, les soirées arrosées, oubliant que leur jeunesse est un dépôt qu’Allah leur a confié.
Et pendant ce temps, le cœur de la Oumma saigne.
Ce cataclysme moral n’est que le fruit amer des actions humaines, en parfaite concordance avec l’avertissement divin : « La corruption est apparue sur la terre et dans la mer à cause de ce que les gens ont accompli de leurs propres mains ; afin qu’Allah leur fasse goûter une partie de ce qu’ils ont œuvré ; peut-être reviendront-ils vers Allah. » (Coran, 30/41)
Face à cette dépravation générale, seule une repentance sincère, un retour collectif vers les valeurs éthiques et spirituelles, une réhabilitation du sacré et du respect de l’ordre divin peuvent sauver l’humanité de sa ruine certaine.
Développons encore davantage cette chronique avec d’autres exemples mais aussi donner des pistes de solutions islamique pour ces jeunes afin qu’ils n’écartent de ces dépravations.
Quand la Oummah saigne, il est du devoir de chacun de réagir.
Certains brandissent leur voix, d’autres leurs actes, et d’autres encore — comme nous aujourd’hui — prennent la plume.
À chacun sa manière de participer, mais tous doivent sentir la douleur d’une communauté en agonie.
Rester silencieux face à la décadence, c’est en devenir complice. Écrire, parler, éduquer, corriger, sensibiliser : tout est forme de résistance quand l’indifférence devient une trahison.
Ceci est donc notre cri du cœur, notre façon de dire : « Assez ! ».
Assez de voir nos valeurs piétinées, assez de voir nos jeunes sombrés, assez de voir l’Islam réduit à un simple mot, vidé de son essence.
Quelles solutions pour sortir de cette nuit obscure ?
Tout espoir n’est pas perdu. Tant qu’il y a des cœurs qui se souviennent d’Allah, la lumière peut jaillir même dans la plus noire des nuits.
1. Revenir au Coran et à la Sunna
Le Coran est la lumière qui éclaire chaque pas. Il nous a avertis des dangers du monde moderne bien avant leur arrivée : « Et quiconque se détourne de Mon rappel mènera certes une vie pleine de gêne… » (Coran 20/124)
Qu’on installe chez soi une atmosphère coranique : récitation, tafsir, méditation quotidienne en famille.
2. Multiplier les cercles de rappel (Halaqat)
Les jeunes doivent être encadrés dans des espaces de savoir et de spiritualité : mosquées, centres islamiques, groupes de lecture ou d’apprentissage, plateformes islamiques sur les réseaux sociaux.
Former les cœurs par la connaissance, purifier les âmes par les rappels sincères.
3. Cultiver la pudeur et la dignité dès le jeune âge
Éduquer nos enfants à l’amour du hijab, à la noblesse de l’abstinence, à la beauté de la patience, et à la fierté d’être musulman dans un monde qui veut les voir s’égarer.
4. Occuper les jeunes avec des projets utiles
Sport dans un cadre licite, entrepreneuriat halal, actions caritatives, arts islamiques, écriture, théâtre éducatif, apprentissage de métiers. Il faut remplir le vide que le diable veut occuper. Le Prophète (paix sur lui) a dit : « Deux bienfaits sont souvent négligés par les gens : la santé et le temps libre. » (Al-Bukhârî)
5. Encourager le bon compagnonnage
Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es. Celui qui s’assied avec les gens du dhikr s’élève. Celui qui s’assied avec les gens du divertissement vide s’effondre. Le Prophète a dit : « L’homme suit la religion de son ami. » (Abû Dâwûd)
6. Former les leaders spirituels de demain
Nous avons besoin de jeunes prédicateurs, poètes, influenceurs musulmans, enseignants, économistes, artistes, tous engagés dans un islam bien compris, ouvert et structurant.
Nous sommes à la croisée des chemins. Soit nous acceptons de marcher vers la lumière divine, soit nous continuons à courir vers le précipice. L’islam n’est pas seulement un ensemble de rites, c’est une réforme globale de l’individu, de la famille, de la société.
« En vérité, Allah ne modifie pas l’état d’un peuple tant qu’ils ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes. » (Coran 13/11)
Sur ce,
Relevons la tête. Ramenons Allah dans nos vies. Soyons, par nos actes, des lanternes allumées dans cette époque d’obscurité.
Par Diamba MANÉ, la plume soucieuse !

























































