En ce 1er mai, journée dite « Fête du travail », la plume soucieuse se tourne, avec respect et reconnaissance, vers l’ensemble des travailleuses et travailleurs qui portent le poids du quotidien, souvent dans l’ombre et le silence.
Aujourd’hui, nous souhaitons réserver une attention particulière à celles et ceux qui ont choisi de se consacrer à une mission noble et ingrate : enseigner. Oui, nous rendons hommage à nos enseignants et enseignantes, ces bâtisseurs de conscience, ces éclaireurs de destinées qui, jour après jour, transmettent non seulement un savoir, mais surtout une part d’eux-mêmes.
Le Prophète Muhammad ﷺ a dit : « Allah, Ses anges, les habitants des cieux et de la terre, jusqu’à la fourmi dans son trou et le poisson dans l’eau, prient pour celui qui enseigne le bien aux gens. » (At-Tirmidhi). Ce hadith nous rappelle qu’enseigner n’est pas seulement un métier, c’est un acte de foi, une forme d’adoration, une œuvre continue qui élève les âmes et les nations.
Ils ont façonné des carrières, bâti des nations : hommage aux enseignants !
Il y a dans chaque réussite une histoire silencieuse. Une voix qui, un jour, s’est levée au fond d’une salle de classe pour dire : « Tu peux réussir. Tu en es capable. » Cette voix, c’était celle d’un enseignant.
Trop souvent, quand les projecteurs s’allument sur une personnalité politique, un médecin réputé, un juge respecté ou un leader international, on oublie l’ombre discrète de celui ou celle qui a éveillé chez cet individu, bien des années auparavant, la flamme de la connaissance. Pourtant, derrière les carrières les plus brillantes, il y a toujours un tableau noir, une craie blanche, un regard sévère mais juste… et surtout, un cœur dévoué.
L’enseignant est ce bâtisseur de l’ombre. Il ne cherche ni la gloire, ni l’applaudissement. Il plante, il arrose, il veille… parfois sans jamais voir l’arbre porter fruit sous ses yeux. Et pourtant, c’est bien lui qu’Allah place parmi les plus honorables. Le Prophète Muhammad (que la paix et les bénédictions soient sur Lui) disait : « Le meilleur d’entre vous est celui qui apprend le Coran et l’enseigne. ». Ce hadith ne s’arrête pas au Coran : il honore l’acte même d’enseigner, de transmettre, d’élever les esprits vers le bien.
Combien de ministres, de présidents, de savants ou de chefs d’entreprise doivent leur élan, non pas à leur origine sociale, mais à la patience d’un enseignant ? Combien ont été sortis des ténèbres de l’ignorance vers la lumière de la science grâce à une femme ou un homme dont le métier était d’instruire, d’encourager, de corriger ?
Et que dire de l’éthique qu’ils ont transmise ? L’enseignant n’éduque pas que l’intellect ; il forge aussi le caractère. Il montre par l’exemple que la discipline, la rigueur, l’honnêteté et l’humilité sont des valeurs aussi importantes que la réussite scolaire. Dans une époque où la connaissance s’accumule mais où la sagesse se perd, leur rôle est plus vital que jamais.
La foi musulmane considère l’Ilm (la science) comme une lumière. Et celui qui la partage devient un porteur de cette lumière. Le Prophète (PSL) a dit : « Lorsque le fils d’Adam meurt, son œuvre s’arrête sauf dans trois cas : une aumône continue, une science utile qu’il a transmise, ou un enfant pieux qui prie pour lui. »
Quel immense honneur, donc, pour l’enseignant de vivre et de mourir en laissant derrière lui des générations entières d’hommes et de femmes utiles à la société !
Alors que certains cherchent leur gloire dans les statues ou les trophées, les enseignants, eux, trouvent la leur dans les réussites silencieuses de leurs anciens élèves. Ils voient leurs traces dans les discours d’un président, dans les mains agiles d’un chirurgien, dans les vers d’un poète ou les plaidoiries d’un avocat. Ils sourient lorsque ceux qu’ils ont guidés élèvent à leur tour des nations, soignent des peuples, enseignent à leur tour.
À vous, nos maîtres, nos guides, nos formateurs : qu’Allah vous récompense. Vous êtes les architectes invisibles de notre avenir. Vous êtes ceux qui ont donné sans compter, corrigé sans se lasser, éduqué sans rien attendre, si ce n’est l’agrément d’Allah.
Que vos efforts soient inscrits dans votre balance de bonnes actions. Et que chaque prière que nous faisons en votre faveur vous revienne comme une lumière dans vos tombes et un élévateur de degrés dans l’au-delà.
Sans ambages, nos enseignants sont les premiers travailleurs de la République, les premiers semeurs d’avenir, les premiers correcteurs de fautes… et d’erreurs de vie.
Nous leur devons plus que des salaires : nous leur devons gratitude, respect et prières.
Encore une fois, prions pour tous les travailleurs d’ici et d’ailleurs particulièrement aux enseignants et enseignantes : Qu’Allah bénisse leurs efforts, soulage leurs charges, renforce leurs pas et illumine leur quotidien. Qu’Il nous accorde à tous un travail licite, digne et utile à l’humanité.
Ô Allah, Seigneur des cieux et de la terre, Bénis nos enseignants et enseignantes, ceux qui nous ont appris à lire, à réfléchir, à devenir meilleurs. Accorde-leur santé, patience et sérénité. Récompense leur effort, même lorsqu’il n’a pas été reconnu ici-bas. Multiplie pour eux les « hassanats » pour chaque lettre, chaque conseil, chaque nuit de préparation. Illumine leur tombe lorsque viendra l’heure, et élève leur rang parmi ceux qui ont transmis la lumière.
Diamba MANE, la plume soucieuse !


























































