Dans une époque où la matérialité ronge les cœurs et où les normes sociales écrasent les plus fragiles, le fait de ne pas enfanter devient un fardeau insoutenable pour de nombreuses femmes. Pourtant, Allah ﷻ nous enseigne dans le Coran : « À Allah appartient le royaume des cieux et de la terre. Il crée ce qu’Il veut. Il donne des filles à qui Il veut, et Il donne des garçons à qui Il veut. Ou bien Il donne à la fois garçons et filles, et Il rend stérile qui Il veut. Il est Omniscient et Omnipotent. » (Sourate Ach-Chourâ, v. 49-50)
Mais cette vérité divine semble aujourd’hui ignorée par une société ingrate, où la femme sans enfant est jugée, méprisée, voire répudiée.
Dans cette chronique pas des moindres, le « frère soucieux », à travers sa plume soucieuse, vous plonge dans la réalité poignante de ces femmes blessées, rejetées, et souvent abandonnées par ceux-là mêmes qui auraient dû être leur soutien. Nous parlerons aussi de l’injustice des hommes qui refusent de se remettre en question, du rôle néfaste de certaines belles-familles et proposerons des conseils inspirés de l’Islam pour faire face à cette épreuve avec foi, dignité et espoir.
Le fardeau social d’une maternité absente.
1 – Une stigmatisation destructrice
Dès qu’une femme tarde à enfanter, les langues se délient, les jugements tombent comme des lames tranchantes. On l’appelle stérile, sorcière, ensorcelée, punie par Allah. On la regarde avec pitié ou dédain. Même ses qualités humaines ne comptent plus. Elle devient la femme sans enfant.
Constat unanime : une sœur, pourtant pieuse, généreuse et active dans sa communauté, est mise à l’écart dans les réunions de famille. Sa belle-sœur lui glisse un jour : « Toi, tu ne peux pas comprendre, tu n’as jamais porté un enfant. »
Pour rappel : Le Prophète ﷺ n’a jamais rabaissé ses épouses, même celles qui n’ont pas eu d’enfants. Khadija (r.a) et Aïcha (r.a) ont eu des parcours différents, et chacune avait une place précieuse dans son cœur. L’honneur d’une femme ne se résume ni à son utérus ni à sa descendance, mais à sa foi, sa piété et sa droiture.
2. La belle-famille, parfois catalysatrice de souffrance
Souvent, c’est la belle-famille qui envenime la situation. L’épouse devient l’objet de critiques, de pression sociale, voire de persécutions. On l’accuse de « bloquer la lignée », on pousse le mari à prendre une seconde épouse comme solution miracle.
Constat unanime : une jeune mariée est harcelée par sa belle-mère qui répète : « Mon fils est fort, c’est toi la sorcière. Si d’ici deux mois tu n’es pas enceinte, on va lui chercher une vraie femme. »
Pour rappel : Le Prophète ﷺ nous a enseigné le respect de la femme, surtout dans l’épreuve. La famille du mari devrait soutenir le couple dans l’invocation et la patience, et non ajouter au poids d’une épreuve que seul Allah contrôle.
3. Une course médicale à sens unique
La femme multiplie les examens, les prières, les potions, les marabouts… Tandis que le mari refuse catégoriquement d’envisager que le problème puisse venir de lui. Dans notre société patriarcale, l’homme est forcément « puissant », donc exempt de toute suspicion.
Constat unanime : une femme a fait tous les tests, consulté des spécialistes, sans résultat. Son mari refuse même un simple spermogramme, disant : « Ce n’est pas possible, regarde comment je suis fort. »
Pour rappel : Le Prophète ﷺ consultait, écoutait, soignait, partageait les soucis de ses compagnons. Un homme juste et sincère se doit d’assumer la possibilité de sa part dans les épreuves. Le mariage, c’est une responsabilité partagée, pas un tribunal unilatéral.
4. Des traditions toxiques et des superstitions vaines
Certains parents, voyant leur fille sans enfant, croient que c’est le fait d’un sort jeté ou d’un mauvais esprit. Cela les pousse à multiplier les visites chez les charlatans, les rituels occultes, les potions à boire, parfois au prix de la foi et de la santé mentale de leur enfant.
Constat unanime : une femme est obligée de boire une eau de source mélangée à du sang de coq pour « purifier son utérus ». Pendant ce temps, sa foi chancelle, son mari se lasse, et son âme s’empoisonne…
Pour rappel : Le Prophète ﷺ a fermement condamné le recours aux charlatans et aux devins. L’Islam enseigne la Ruqya (exorcisme licite), la prière, la patience et la confiance en Allah comme solutions aux maux invisibles. L’épreuve de la stérilité est une opportunité d’élever son degré de foi, pas de sombrer dans le polythéisme déguisé.
Constat unanime : l’humiliation publique et les moqueries voilées.
Une femme est invitée à une fête familiale. Alors qu’elle prend la parole pour féliciter une cousine qui vient d’accoucher, une tante lance devant tout le monde : « Toi, tu parles de maternité ? Parle de choses que tu connais. ». Rires étouffés, regards évités, cœur brisé. La femme sourit en surface, mais meurt en silence à l’intérieur.
Pour rappel : Le Prophète ﷺ a dit : « Celui qui humilie son frère en cachette ou en public, Allah l’humiliera au Jour du Jugement. » (Ahmad, authentifié par Al-Albani). L’humiliation d’une femme, à cause de son incapacité à enfanter, est une grande injustice. N’oublions pas que les mots blessent plus profondément que les coups. Et Allah est Le Juste (Al-‘Adl). Celui qui fait pleurer injustement une âme, rendra des comptes.
Exemple 6 : L’amie qui s’éloigne par complexe. Constat unanime : une sœur mariée depuis dix ans sans enfant voit ses anciennes amies l’éviter. Elles, mères de famille, ne l’invitent plus aux goûters, de peur qu’elle ne soit « jalouse » ou se sente mal à l’aise. Mais ce rejet l’isole davantage et lui fait croire qu’elle n’a plus sa place parmi les femmes accomplies.
Pour rappel : Le Prophète ﷺ a dit : « Le croyant pour le croyant est comme une structure dont les parties se soutiennent mutuellement. » (Bukhari et Muslim). Mettre quelqu’un à l’écart par peur de son « malheur » est une ignorance du lien de fraternité islamique. La meilleure réaction face à une sœur éprouvée, c’est de l’entourer, de l’écouter, et de prier avec elle. Ce n’est pas l’enfant qui fait l’humanité d’une femme, c’est la compassion qu’elle reçoit ou donne.
Exemple 7 : Le divorce précoce à cause de la stérilité supposée.
Constat unanime : Un jeune couple est marié depuis à peine 18 mois. Résultat : aucune grossesse. Le mari, influencé par sa famille, commence à douter de l’ »utilité » de son épouse. Il finit par prononcer le divorce, sous prétexte qu’il ne veut pas « gaspiller sa jeunesse ». Quelques années plus tard, il se remarie… et découvre que c’est lui qui est biologiquement infertile.
Pour rappel : Le Prophète ﷺ a dit : « Celui qui cause du tort à un croyant ou le trompe, je serai son adversaire le Jour de la Résurrection. » (Al-Tabarani).
Le divorce, précipité par injustice et impatience, est une faute grave, surtout lorsqu’il s’appuie sur des suppositions injustifiées. En islam, le mariage est un contrat de miséricorde, pas un simple échange biologique. Le mari qui quitte son épouse sans faire preuve de patience ni rechercher les causes exactes trahit sa responsabilité d’époux.
Ces exemples révèlent l’ampleur du drame vécu en silence par des milliers de femmes dans notre société, simplement parce qu’elles n’ont pas encore d’enfant. Et chaque cas est une opportunité manquée pour faire preuve de Rahma (miséricorde), de Hikma (sagesse) et de Sabr (patience).
Mes Conseils islamiques aux frères et sœurs éprouvés par la stérilité :
Acceptez la volonté divine avec foi et patience. Rappelons-nous que c’est Allah qui donne, retire, et choisit le moment parfait pour chaque chose.
Multipliez les invocations sincères (du‘â), notamment celles d’Ibrahim (as) et de Zakariya (as) : « Mon Seigneur, ne me laisse pas sans postérité, alors que Tu es le meilleur des héritiers. » (Sourate Al-Anbiya, v. 89).
Faites preuve de solidarité conjugale. Ne vous accusez pas, mais soutenez-vous dans l’amour et la miséricorde, comme recommandé dans le Coran : « Et Il a mis entre vous de l’affection et de la miséricorde. » (Sourate Ar-Rum, v. 21).
Ne négligez pas les tests médicaux pour les deux époux. La science est une miséricorde d’Allah. S’y refuser par orgueil, c’est parfois rejeter une solution licite.
Éduquez vos familles à la compassion. Ne laissez pas les coutumes injustes et les superstitions briser votre couple.
Sachez qu’il y a d’autres formes de fécondité. Enseigner, aider un orphelin, parrainer un enfant… sont aussi des manières de laisser une descendance spirituelle.
Ne pas enfanter n’est pas ne pas exister.
La femme qui n’a pas d’enfant n’est ni incomplète, ni maudite, ni inutile. Elle est une servante d’Allah, éprouvée comme d’autres le sont par la pauvreté, la maladie, ou la solitude. Elle mérite respect, amour, soutien et dignité. C’est notre société qui est malade, pas elle.
Et si Allah a fermé une porte biologique, Il peut en ouvrir mille autres spirituelles, humaines et célestes. Ne laissons pas des normes sociales injustes prendre le dessus sur la justice divine.
« Peut-être détestez-vous une chose alors qu’elle est un bien pour vous. Et peut-être aimez-vous une chose alors qu’elle est un mal pour vous. Allah sait, tandis que vous ne savez pas. » (Sourate Al-Baqara, v. 216)
Sur ce, rappelons-nous que les femmes comme Maryam (ra) ou même Aïcha (ra) n’ont pas été définies par leur maternité, mais par leur foi, leur intelligence, leur piété et leur rôle dans l’histoire islamique.
Les prophètes à l’image de Ibrahim, de Zakaria, de Ayyoub et que dire du messager d’Allah Muhammad (psl) en termes d’épreuves a travers la perte de tous ces fils et après ces filles et la seule restante en vie est Fatima (ra).
Ces exemples prophétiques sont des repères puissants pour les couples éprouvés par l’attente d’un enfant. Ils nous rappellent que :
L’enfant n’est pas une garantie biologique, mais une grâce divine.
Même les plus proches d’Allah ont connu l’attente, le silence, les larmes et la supplication.
Qu’Allah apaise toutes les femmes éprouvées, et adoucisse les cœurs de ceux qui les jugent. Amîn.
Diamba MANÉ, la plume soucieuse !

























































