Depuis Manga 2 en 1984, l’arène n’a officiellement plus désigné un Roi des arènes. Cette distinction n’est actuellement pas officielle et est fondée sur la formule «qui bat le Roi devient Roi des arènes». Ce sont les promoteurs privés, initiateurs des combats, qui montent les combats selon leurs propres critères qui ne sont pas nécessairement sportifs. Quelle formule alors pour désigner un Roi légitime et officiel ?
Le CNG pour régler le problème
En 1984, la fédération de lutte d’alors avait eu l’ingénieuse idée d’organiser un tournoi regroupant les meilleurs lutteurs du moment. Celui qui en était sorti victorieux est Hyacinthe Ndiaye alias Manga N°2, devant le défunt Mor Fadam. Ce titre était le reflet d’une carrière bien maîtrisée, car le champion sérère restait sur dix ans d’invincibilité. Il était le leader incontesté de l’écurie Sérère et de l’arène.
En 1994, Toubabou Dior avait affronté et terrassé Manga 2. Cette année coïncidait avec la gestion de la lutte par une structure d’exception. On avait enterré la fédération et confié la gestion de la lutte au Dr Alioune Sarr dans le cadre d’un Comité national de Gestion (CNG). Il devait organiser un autre tournoi pour désigner le successeur de Manga 2. Ce qui n’avait pas été fait. Pour que ce sport ne reste sans titre suprême, la presse de la lutte, pour ne pas dire l’opinion publique, avait décidé de partir d’une nouvelle formule : c’est-à-dire celui qui bat le Roi en vigueur devient automatiquement son successeur. Cette formule est bénie par toutes les sensibilités de ce «Sport de chez nous». C’est pour cela que Toubabou Dior a été désigné Roi des arènes après avoir épinglé à son tableau de chasse Manga 2 en 1994. Après, Tyson est devenu Roi des arènes avec cette nouvelle formule. Aujourd’hui, Modou Lô (Rock Énergie) depuis sa belle victoire sur Eumeu Sène de Tay Shinger le 28 juillet 2019.
Dans le milieu de la lutte, seule l’instance dirigeante de la lutte a le privilège d’organiser un tournoi devant permettre de désigner officiellement le champion des champions. Jusque-là, aucune initiative n’est prise par l’instance faîtière dans ce sens.
L’implication des promoteurs, à travers leur structure
Ceux qui pensent que seul le CNG est tenu d’organiser un tournoi royal tiennent leur argument sur le fait que c’est une instance officielle, représentant l’État. Mais d’autres observateurs avertis de ce sport estiment qu’un promoteur quelconque, qui a les moyens et les compétences dans l’organisation de spectacles de lutte, peut organiser une compétition pour sortir le Roi des arènes. Dans ce cas, pensent beaucoup de spécialistes, ce producteur a juste besoin d’avoir le quitus, le feu vert du CNG.
Le grand bémol, c’est qu’un tournoi pareil est très coûteux. Alors, l’association des promoteurs peut porter le projet, en invitant chacun de ses membres à sortir une enveloppe financière afin que le coût dispendieux ne soit pas à la charge d’un seul. Encore que c’est juste une idée par rapport à la faisabilité d’un tournoi aussi important que celui royal.
Les critères à mettre sur la table
En 1984, la fédération de lutte avait organisé en sélectionnant les meilleurs champions du moment chez les poids lourds, les ténors. Ce même format serait le bienvenu. Aujourd’hui, on peut ajouter d’autres critères : lutteur populaire, lutteur dont le cachet dépasse 50 millions FCFA, lutteur qui défie un VIP ou qui est en attente de croiser un VIP… Tapha Guèye, 2ème Tigre de Fass et ancienne gloire de la lutte, pense qu’on peut aussi prendre le critère de combativité du lutteur. C’est l’exemple d’un lutteur comme Eumeu Sène, qui n’a certes pas un palmarès très envieux et enregistrant plus de défaites, mais qui est très combatif. Le monde de la lutte peut définir d’autres critères objectifs.
Cachets raisonnables et privilèges pour le détenteur
Il est vrai que la question du cachet de chaque lutteur peut être un facteur bloquant dans la réalisation de ce projet de tournoi royal. Mais les lutteurs qui auront respecté tous les critères dégagés peuvent être très raisonnables au sujet du cachet à encaisser pour chaque combat. On pense que, par exemple, un cachet de 75 ou 100 millions FCFA pour chaque lutteur dans la phase de poule est très raisonnable. Le Roi des arènes devra, par privilège dû à son statut du moment, empocher plus que tout le monde. En dehors de cela, des privilèges seront réservés au vainqueur du tournoi, donc au nouveau Roi des arènes. Il peut, par exemple, bénéficier de prime mensuelle ou annuelle du CNG. En tout cas, Manga 2 avait des privilèges en tant que Roi des arènes.
Un tournoi de deux poules de 3 ou 4
La lutte a connu des tournois qui ont connu de grande réussite. C’est le cas des différentes éditions du CLAF de Gaston Mbengue, le tournoi TNT du Groupe EXCAF Telecom, etc. Dans ces compétitions, les premiers des deux poules se sont retrouvés soit en ½ finales croisées ou en finale directement pour sortir le grand champion. Ces deux formules étaient bien appréciées par le monde de la lutte. On peut bien les adopter.
Donc, un tournoi royal de deux poules de 3 ou 4 pourrait faire l’affaire. En tout cas, ce sont des ébauches de solution…
Abdoulaye DEMBÉLÉ
























































