Lorsque Fodé avait fait le vide autour de lui, il fallait trouver un champion capable de se mesurer à lui. Demba Thiaw Diène avait relevé ce défi. Portant sur ses épaules l’espoir des Lébous, le Yoffois avait abandonné la lutte pour se consacrer à la pêche à Kayar.
Né en 1918 à Yoff, Demba Thiaw Diène était le fils d’Abdoulaye et de Kène Diène. Il était l’aîné d’une fratrie de trois sœurs et un frère. Ndiaga Samb, notable lébou respecté pour sa sagesse et ses connaissances, nous confiait un an avant son décès: «Fodé Doussouba a semé la terreur dans la Région du Cap-Vert en battant tout le monde en lutte sans frappe. Il a toujours refusé la lutte avec frappe. Il disait porter des gris-gris qui tuent ceux qui encaissent ses coups. Ce n’était pas vrai (sic). Il ne pouvait pas pratiquer la lutte avec frappe à cause de sa corpulence».
Poursuivant, M. Samb avait expliqué : «Pour lui trouver un adversaire, il fallait chercher un technicien de la lutte pure. Nos parents lébous sont allés chercher Demba Thiaw à Kayar». Le champion lébou, selon la même source, leur avait dit «entendre le nom de Fodé Doussouba et qu’il ne le connaissait pas. Mais s’il le voyait lutter, il pourrait savoir s’il était possible de le battre ou non».
Par la suite, «nos parents ont préparé un copieux repas à Dakar chez le vieux El Hadji Ngom Ndoye. Et le soir, nos pères sont allés avec Demba Thiaw aux Arènes sénégalaises où devait lutter Fodé. Quand il a vu Fodé en action, il a dit qu’il pouvait le terrasser plusieurs fois avec différentes techniques».
Ainsi, les Lébous avaient mobilisé toutes les forces occultes pour aider leur lutteur. «Tout le Cap-Vert était derrière Demba Thiaw. Il y a eu 121 villages lébous et 23 villages sérères safène qui ont œuvré pour la défaite de Fodé», avait renseigné Ndiaga Samb.
Le combat Demba Thiaw / Fodé Doussouba avait été programmé le 18 avril 1958. Ce jour-là, le champion de Yoff «a fauché du pied gauche l’enfant du Fouladou. Fodé est complètement tombé sur le flanc droit en posant ses deux mains au sol. J’ai avec moi la photo de sa chute», racontait avec fierté le vieux Ndiaga Samb.
Le mythe Fodé Doussouba venait de s’effondrer aux Arènes sénégalaises de Fass. «Le jour du combat, Fodé m’a réveillé au milieu de la nuit pour me confier qu’il allait tomber, mais que ce ne serait pas une chute claire» racontait Maïmouna Bâ, l’épouse du défunt champion du Fouladou.
Cette victoire de Demba Thiaw, décédé trois ans après, le 29 octobre 1961, avait ravi toute la communauté léboue. Fodé avait voulu prendre sa revanche en 1959. En vain ! Selon Ndiaga Samb; «Lors du second combat, Fodé avait marabouté Demba Thiaw qui voyait, en même temps, trois Fodé Doussouba dans l’enceinte. On lui a dit de lutter contre celui à gauche. Le combat s’était finalement soldé par un nul».
Cette confrontation restera à jamais dans les annales de la lutte sénégalaise.
Abdoulaye DEMBÉLÉ
























































Une bonne leçon d’histoire qui apprend la solidarité
Absolument! Merci beaucoup