La rentrée scolaire 2024-2025 est bien entamée à Sédhiou, marquant le quatrième jour de l’année académique. Ce matin, nous avons fait un tour à l’Inspection de l’Éducation et de la Formation (IEF) de Sédhiou afin de recueillir des avis sur le démarrage des enseignements. Si les préparatifs ont été pris en amont, plusieurs défis subsistent, notamment ceux liés à la présence des élèves, le manque d’enseignants et les infrastructures, sans oublier les initiatives pour améliorer l’équité et la qualité de l’éducation dans la région.
Une rentrée globalement satisfaisante, selon l’Inspecteur Diagne
L’Inspecteur Diagne, à la tête de l’IEF de Sédhiou, nous a fait part de sa satisfaction générale quant à la rentrée. « Je pense que la rentrée scolaire 2024-2025 est globalement satisfaisante. Bien sûr, tout n’est pas parfait, mais des dispositions ont été prises en amont pour que la date du 7 octobre, retenue pour la rentrée des élèves, permette un démarrage effectif des enseignements. »
Selon lui, une correspondance a été envoyée tôt aux Directeurs des établissements, du préscolaire au secondaire, pour coordonner avec les acteurs locaux. « Nous avons veillé à ce que les écoles soient désherbées, les salles de classe nettoyées et les tables-bancs réparées avant le 7 octobre. La journée citoyenne du 5 octobre a été dédiée aux écoles, et des actions citoyennes ont été menées dans plusieurs établissements sous l’autorité du gouverneur de région. »
Toutefois, l’Inspecteur Diagne a noté un taux de présence encore faible chez les élèves : « Les enseignants sont en place, mais tous les élèves ne sont pas encore présents. Cela est habituel chaque année ; beaucoup d’élèves tardent à revenir, mais nous pensons que d’ici la semaine prochaine, ils seront là en plus grand nombre. »
« Des progrès notés, mais encore des blocages », selon Abdoulaye Diallo, coordinateur de la COSYDEP

Abdoulaye Diallo, coordinateur régional de la COSYDEP (Coalition des Organisations en Synergie pour la Défense de l’Éducation publique), a également donné son avis sur cette rentrée. « Nous sommes au quatrième jour de la rentrée. Il y a une légère amélioration par rapport aux premières journées. Si le premier jour, seulement une dizaine d’écoles avaient commencé les cours, aujourd’hui, les choses avancent. »
Néanmoins, M. Diallo a souligné plusieurs facteurs bloquants, notamment les conditions climatiques : « Nous continuons de recevoir des pluies. Et quand il pleut, les conditions ne sont pas réunies pour aller à l’école. De nombreux enfants sont encore dans les champs ou retenus à la maison. En outre, les abris temporaires ne sont pas encore en place à cause des intempéries. »
L’un des principaux défis reste le déficit en enseignants. Malgré l’arrivée de 28 enseignants en français et 11 en arabe, cela ne suffit pas à combler les départs ni les déficits des années précédentes. « Nous lançons un appel pour un recrutement imminent. Sans cela, des classes risquent d’être fermées et les enfants resteront à la maison », alerte-t-il.
Mme Ndèye Fatou Diouf: « Une approche genre pour un meilleur environnement scolaire »

Madame Ndèye Fatou Diouf, responsable du poste genre à l’IEF de Sédhiou, a évoqué l’importance de l’intégration de l’approche genre dans les établissements. « Notre objectif est de promouvoir l’égalité et l’équité entre les garçons et les filles. L’année dernière, nous avons mené des campagnes de sensibilisation contre les grossesses précoces en milieu scolaire, et nous avons constaté une nette amélioration. »
Elle a notamment mentionné des améliorations significatives dans des établissements comme le CEM de Sindina et le CEM de Madina Linkéto. « Après nos interventions, les résultats scolaires des filles se sont améliorés, ce qui montre l’importance de ces actions. Nous comptons poursuivre ces efforts cette année pour toucher davantage d’élèves. »
« Des défis persistants liés au manque d’enseignants », dixit Chérif Diallo

Cherif Diallo, responsable du bureau de gestion des ressources humaines à l’IEF de Sédhiou, a fait un état des lieux du personnel enseignant. « La région de Sédhiou est devenue une zone de départ. Beaucoup d’enseignants partent vers d’autres régions offrant de meilleures opportunités. »
En termes de chiffres, le déficit est frappant : « Nous avons reçu 28 enseignants en français, contre un besoin de 133, et 11 en arabe pour un besoin de 27. Cela laisse un gap important de 105 enseignants en français et 16 en arabe. » Face à cette situation, des redéploiements sont envisagés, mais ils restent complexes. « Nous allons faire de notre mieux pour combler les gaps, mais cela reste un défi de taille. »
Une rentrée sous tension mais avec des espoirs
La rentrée scolaire 2024-2025 à Sédhiou reflète les enjeux structurels de l’éducation dans cette région : des infrastructures à améliorer, un déficit d’enseignants préoccupant, mais aussi des initiatives encourageantes, notamment en faveur de l’équité et de la lutte contre les grossesses précoces.
Si des défis restent à relever, l’optimisme des acteurs de l’éducation est palpable. Ils espèrent que les prochaines semaines permettront un meilleur taux de présence des élèves et des avancées notables dans la gestion des ressources humaines. Dans tous les cas, l’engagement collectif des autorités, des enseignants et des parents reste crucial pour faire de cette année scolaire une réussite.
Alassane DIALLO, correspondant à Sédhiou

























































