Sédhiou, une ville du sud du Sénégal en pleine expansion, fait face à un problème persistant : l’état déplorable de ses routes. Bien que quelques artères principales soient pavées, la plupart des routes restent impraticables, notamment en période de pluie. Ce problème entrave la circulation, surtout pour les conducteurs de motos-taxis, communément appelés « Jakartamen », et pose des risques pour la sécurité des habitants.
L’état des routes à Sédhiou fait beaucoup palabrer. Nous avons le tour de plusieurs quartiers de Sédhiou. Nous avons ainsi recueilli les témoignages de certains résidents qui partagent leur frustration face à la situation et lancent un appel urgent aux autorités locales pour trouver des solutions.
Le calvaire des conducteurs de moto Jakarta

Sur une route cahoteuse menant au quartier Conakry, nous avons rencontré Moussa Camara, un jeune conducteur de moto-taxi d’une trentaine d’années, qui transporte des clients en dépit des difficultés. Interrogé sur l’état des routes, il partage son ras-le-bol : « Nous sommes des conducteurs de motos-taxis, j’exerce ce métier depuis plusieurs années, mais pour dire vrai, la plupart des routes de Sédhiou ne sont pas praticables. Nous lançons un appel aux autorités pour qu’elles nous aident à construire de bonnes routes. »
Le jeune homme souligne les conséquences directes de la dégradation des routes sur leurs revenus : « Nous transportons les clients à 300 francs, mais parfois ils refusent de payer, disant que c’est trop cher, alors que l’état des routes est vraiment mauvais. Je vous assure que c’est fatigant. Par exemple, la route qui mène au quartier Conakry est dans un état tellement déplorable que nous sommes obligés de contourner, ce qui augmente le coût du transport à 500 francs. »
Comme Moussa, de nombreux autres conducteurs de Moto-Jakarta se plaignent de l’usure rapide de leurs motos et des trajets rallongés par les détours nécessaires pour éviter les zones les plus dégradées.
Les pavés, une fausse solution ?
Dans une autre partie de la ville, la route pavée allant de la gare routière vers Diaroumé présente une situation contrastée. Si le pavé est en bon état, la vitesse excessive des véhicules inquiète les riverains. M. Ndecky, un habitant de la zone, nous explique : « La route pavée qui passe devant la Sen Eau est en bon état, mais le problème est que maintenant les conducteurs de motos-taxis et de voitures roulent à vive allure. Nos maisons sont au bord de la route, et nos enfants risquent de se faire heurter. »
Il poursuit en exposant une autre préoccupation : l’absence de trottoirs et la présence d’un canal non couvert sur un côté de la route, posant un danger majeur en particulier pour les enfants. Il relate un incident inquiétant : « La saison dernière, un enfant est tombé dans le canal. Il a fallu l’intervention rapide des riverains pour éviter un drame. Nous avons même écrit une demande adressée aux autorités compétentes pour la couverture du canal, l’installation de ralentisseurs et la construction de trottoirs, mais jusque-là, nous n’avons pas encore obtenu de réponse. »
Ce témoignage reflète le paradoxe des infrastructures urbaines à Sédhiou : certaines routes sont en apparence modernisées, mais leur conception ne tient pas compte de la sécurité des piétons, en particulier dans les zones résidentielles.
Santassou, un quartier oublié par l’asphaltage

Le quartier Santassou, où nous avons rencontré Vieux Diatta, un menuisier local, est une autre zone où la situation des routes est critique, surtout en période de pluie. Il nous raconte son quotidien : « Je travaille ici au quartier Santassou. Pendant la saison des pluies, c’est vraiment un calvaire. Bien qu’il y ait quelques routes construites, beaucoup restent en mauvais état. Les motos, les voitures, et même les riverains sont fatigués. Quand il pleut, c’est pire : la boue, les flaques d’eau, tout devient impraticable. »
Diatta souligne également la responsabilité des camions dans la dégradation des routes : « Les camions qui passent par ici participent à la destruction des routes. Ils empruntent les voies principales. Et vu l’état déjà fragile des routes, cela crée des accidents, surtout pour les motos-taxis Jakarta. »
Ces difficultés révèlent un manque criant de planification dans la construction et l’entretien des infrastructures routières, laissant certains quartiers en marge du développement urbain.
Un appel urgent aux autorités
Les témoignages recueillis à travers la ville illustrent un besoin pressant d’amélioration des routes à Sédhiou. Qu’il s’agisse des pavés mal pensés ou des routes en terre battue dégradées, la situation impacte non seulement la circulation, mais aussi la sécurité des habitants. Les conducteurs de Jakarta, qui constituent une part importante du transport local, se trouvent en première ligne de ce combat quotidien contre des routes défectueuses, tandis que les riverains, notamment les enfants, sont exposés à des dangers réels.
L’appel des habitants est clair : ils demandent aux autorités de prendre des mesures concrètes pour réhabiliter les routes.
Alassane DIALLO, correspondant à Sédhiou
























































