El Hadji Babou Diébaté est né le 29 octobre 1928 à Sédhiou, décédé le 21 octobre 2004 à Thiès. Originaire de Touba, en république de Guinée Konakry, son ascendant s’installa à Sédhiou au début du siècle dernier. Son père Jali Mory Diébaté fut un très célèbre griot koriste ; Babou ne fera pas moins !
Babou Diébaté intégra l’orchestre fanion de la région de Sédhiou en 1964, à la vielle de compétitions nationale et internationale. Plusieurs facteurs militèrent en faveur de son recrutement dans ce groupe mythique. De prime abord, ses pincées de cordes furent remarquables et d’une rare harmonie et mélodie. Ensuite, d’éminents hommes de culture – feus Babou Daffé et Toumany Camara – réclamèrent dans l’orchestre une bonne touche traditionnelle. Enfin, ils voulurent marquer l’identité propre mandingue dans la symphonie du groupe. L’occasion faisant le larron, le président de l’UCAS et le directeur artistique trouvèrent en Babou Diébaté un virtuose hors pair pour réussir le parfait mariage entre instruments traditionnels et modernes !
Le génie de Babou Diébaté fit le reste ; on lui déroula le tapis rouge, sans coup férir ! Son intégration dans le groupe, avec cette touche traditionnelle en prime, permit à l’orchestre de se démarquer des autres groupes pour mieux se faire remarquer ! Ah oui : se démarquer pour se faire remarquer ! Les conséquences seront énormes : l’UCAS remporta tous les trophées 3 fois de suite et finit même par être surclassée hors concours ! L’orchestre emblématique de Sedhiou représentera plusieurs fois le Sénégal dans les festivals internationaux avec sa particularité qui fit son identité remarquable et, ipso facto, se vendait bien : une symbiose parfaite entre instruments traditionnels et modernes ! La kora qui intègre la guitare et autres instruments de type occidental. C’est, comme qui dirait en poésie : le sucre qui se dissout dans du miel ! Le génie du koriste de Sédhiou fera le reste !
La doigté magique de Babou Diébaté jouera un rôle majeur.. Si l’UCAS fut le 1er orchestre à allier – admirablement – instruments traditionnels et modernes, Babou Diébaté eut le mérite d’être le pionnier d’un instrument traditionnel au milieu d’une forêt d’instruments modernes. Il montrera sa voix contralto au public admiratif et la voie du savoureux dosage avec les instruments dits modernes aux autres choristes tels Mory Kanté, Soundjoulou Sissoko…
Son tube célèbre est de loin « Kaddi Kébé ». Cette sorte de comédie musicale est chantée et racontée de manière hilarante et sublime, à la fois. Le mandingue, le wolof et le français, formant une trilogie linguistique qui chatouille l’ouïe. À côté de cette comédie musicale, on peut rappeler le morceau « Alla laaké », dédié au défunt patriarche, Kéba Ndao. Quand ce notable de Julescounda entendit le tube qui lui a été concocté sur commande, il fut si ému qu’il lui remit des présents tels un bœuf, beaucoup d’argent, des étoffes et boubous de valeurs…
C’est en ce mois d’octobre qu’il fut arraché à notre affection que le « kaabi loo» des Diébaté, fils et petits-fils, proches, collatéraux, amis, membres de l’UCAS, les Sédhiouois…dans la ferveur et le recueillement organisaient une journée de prière !
Puisse Dieu, dans sa miséricorde infinie, lui accorder le Paradis Wasila !
Par Ibrahima Diakhaté Makama

P.S : crédit photo, Baba Dia
























































