Les États-Unis, la Chine, la France, et même le Nigeria, ont démontré que la culture, au-delà de sa dimension symbolique, peut être un puissant moteur de développement endogène. Avec une contribution de 3,1% au produit intérieur brut mondial, ces pays ont compris que les secteurs de la culture et de la création sont essentiels au développement durable.
La Conférence des Nations unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) a révélé que, en 2020, les biens créatifs et les services créatifs ont représenté, respectivement, 3% et 21% des exportations de marchandises et des exportations de services. De plus, le rapport souligne que les secteurs de la culture et de la création absorbent 6,2% de l’ensemble des emplois mondiaux, soit près de 50 millions de postes, et comptent plus de jeunes (âgés de 15 à 29 ans) que les autres secteurs.
Cette tendance, qui apparait dynamique selon de nombreuses études économiques projetées à l’horizon 2050, mérite une attention particulière de la part de nos décideurs politiques. Cependant, en Afrique, ces secteurs demeurent largement sous-exploités, en dépit d’un potentiel exceptionnel : le continent dispose d’un marché foisonnant de créativité et d’une population jeune, avec plus de 400 millions d’individus âgés de 15 à 35 ans. Ce précieux atout démographique pourrait être le catalyseur d’une forte croissance endogène, à condition que les politiques publiques prennent sérieusement en compte les industries culturelles et créatives.
Pour tirer profit du potentiel de la forte croissance du marché des ICC, les États stratèges doivent envisager une transformation. Ils devraient considérer ces domaines, bien au-delà du simple divertissement et de la symbolique, comme des leviers économiques cruciaux pour stimuler la croissance endogène. Comme l’a souligné Françoise Benhamou, « aucun domaine de l’univers de la culture n’échappe à l’emprise de l’économie ».
Les défis à relever sont nombreux, mais pas insurmontables. Il est primordial de mesurer la contribution des secteurs culturels et créatifs à l’activité économique et leur impact sur le PIB, d’exiger des responsables du secteur une vision prospective du marché, et de réévaluer les orientations, objectifs et effets des politiques publiques dans ce domaine. En amont, un travail préparatoire s’impose comme le point de départ d’une nouvelle ère : la structuration du marché des secteurs culturels et créatifs. Il est impératif d’élaborer des politiques publiques qui repensent l’écosystème et l’ensemble des chaînes de valeur.

EL Hadji Omar MASSALY


























































