Auteur. Entrepreneur. Consultant. Visionnaire. El Hadji Omar Massaly est tout cela à la fois. Il ne se contente pas d’écrire. Il construit. Il invente. Son objectif est clair : faire du livre un levier économique pour une véritable industrie créative panafricaine.
Né à Sédhiou, Massaly grandit avec une curiosité insatiable. Lettres modernes, communication, administration culturelle : chaque étape de sa formation le rapproche d’un objectif clair. Faire du Sénégal un hub culturel africain. Faire du livre un moteur de développement et de croissance économique. Très tôt, sa plume se fait remarquer. Écrire pour agir, son premier ouvrage, interroge la responsabilité de l’écrivain. Journal d’un confiné explore les bouleversements de la pandémie. Deux livres, une même conviction : la littérature peut transformer la société.
Mais Massaly ne s’arrête pas là. Alors que beaucoup choisissent l’enseignement après une licence de Lettres modernes, il prend une autre route. « J’ai compris que ce n’était pas ma voie », dit-il. Il fonde El Massaly Group, ELMA, maison d’édition panafricaine. Objectif : donner une voix aux auteurs africains. Créer une industrie éditoriale indépendante et compétitive. Faire du secteur de l’édition sénégalaise la plus grande industrie culturelle panafricaine. Il s’intéresse à l’écosystème du marché de l’édition. Il peaufine et structure son business plan dont la vision séduit plus d’un. En quatre ans, ELMA publie plus de cinquante titres. Romans, essais, ouvrages scientifiques et éducatifs. Chaque livre est un manifeste. Chaque publication, un pas vers l’émancipation culturelle du continent. Massaly est ambitieux. Le marché du livre francophone en Afrique de l’Ouest pourrait atteindre 123 milliards d’euros d’ici 2030. Plus de 100 000 emplois. Le Sénégal peut être au cœur de cette croissance. « L’Afrique a besoin d’outils pour construire une économie créative. Mon rôle est de participer à ce processus », affirme-t-il.

Il observe le monde. À Manhattan, il découvre des librairies bouillonnantes, vivantes comme des marchés. L’énergie du livre y est palpable. Fasciné, il observe le fonctionnement du paysage éditorial américain. « Le marché est dominé par les Big Five, ces cinq géants qui contrôlent près de 80 % du secteur, pour un chiffre d’affaires global de 4,3 milliards d’euros », confie-t-il. De Luxembourg à Paris, où qu’il pose ses valises, une idée l’obsède : transposer ce modèle sur un continent où l’édition reste encore sous-estimée. « En France, le groupe Editis, l’un des poids lourds du secteur, génère à lui seul plus de 26,9 millions d’euros par an », souligne-t-il, convaincu que l’Afrique peut, elle aussi, bâtir son propre empire du livre.
Le savoir, pour lui, est un bien précieux, une richesse à valoriser. Il en est convaincu : l’Afrique doit professionnaliser son secteur et faire plus de concret que de théorie.Le potentiel du continent est immense, encore trop souvent sous-exploité. La concurrence, loin de l’effrayer, le stimule. Elle est un moteur, une source d’innovation. « Les startups audacieuses et les jeunes managers bousculent les écosystèmes partout dans le monde », dit-il avec enthousiasme, persuadé que l’Afrique a, elle aussi, les moyens de redéfinir les règles du jeu.
Stratégie, créativité et innovation
Sa stratégie repose sur la créativité et l’innovation. Attirer investisseurs et partenaires. Créer un modèle africain solide. ELMA fonctionne aujourd’hui avec ses fonds propres. Les partenariats sont possibles, mais à condition de partager sa vision. « Nous voulons structurer un écosystème où le livre devient un pilier de l’économie créative », explique-t-il. Sa trajectoire est celle d’un bâtisseur. Promouvoir les talents locaux. Donner une voix aux auteurs africains. Faire du Sénégal une référence dans l’édition. Entreprendre est une vocation. Une phrase simple, mais révélatrice.
El Hadji Omar Massaly incarne la nouvelle génération africaine. Passionnée, pragmatique, ambitieuse. Là où d’autres voient des obstacles, il voit des opportunités. Là où d’autres écrivent, il construit. Son message est clair : la culture peut être un moteur de transformation. Et le livre, son arme la plus puissante.
Par Abdou Nianthio MANÉ


























































