Sur sa page Facebook, Dr Ibou Dramé Sylla fustige les prises de position récentes de Yoro Dia, ancien ministre et conseiller de Macky Sall, sur la situation politique actuelle et l’histoire du Sénégal.
Dans une déclaration publique, Ibou Dramé Sylla n’a pas mâché ses mots à l’égard de Yoro Dia, qu’il a suivi lors d’une émission télévisée diffusée la veille. L’intellectuel et militant n’a retenu que peu de choses positives de l’intervention de l’ancien conseiller en communication de Macky Sall, qu’il accuse d’amnésie politique et de contradiction.
«Aux rythmes où vont les choses, le pays risque de s’installer dans un cycle de revanches», a déclaré Yoro Dia, suggérant que l’actuelle opposition, lorsqu’elle sera au pouvoir, risquerait de reproduire les mêmes travers que le régime déchu. Une remarque que Sylla juge hypocrite venant d’un homme qu’il qualifie d’«éclairé conseiller du roi-Macky».
Ibou Dramé Sylla rappelle à Yoro Dia son silence complice durant les années de «terreur, d’arbitraire et d’acharnement» sous Macky Sall, particulièrement à l’encontre des membres du parti Pastef. Pour lui, «avoir l’oreille du Prince du moment, c’est aussi avoir l’insigne tâche de le rappeler à l’ordre». Une responsabilité que Dia aurait négligée, selon Sylla, en laissant s’installer une gouvernance marquée par la répression.
Sylla réfute également toute idée de revanche dans les actes de l’actuel régime. Au contraire, il souligne une certaine frustration chez certains observateurs face à ce qu’ils perçoivent comme une «lenteur dans le processus de reddition des comptes».
Mais c’est sur un autre terrain que la réprobation de Sylla devient encore plus virulente : l’interprétation que fait Yoro Dia de la crise politique de décembre 1962. Selon Sylla, les propos tenus sur le Grand Maodo Mamadou Dia sont «désobligeants» et relèvent d’une volonté de «pervertir l’histoire».
Il réaffirme la stature historique de Mamadou Dia, homme d’État intègre et engagé pour les intérêts du peuple face aux forces du capital. Et de conclure, non sans ironie mordante : «Il me vient à remarquer qu’un Dia peut nourrir une haine viscérale envers un Dia plus honorable».
Alassane DIALLO (Correspondant à Sédhiou)
























































