Une prière en forme de cri d’amour fraternel —
Au Nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux
As-salâmu ‘alaykum wa rahmatullâhi wa barakâtuh…
À mes frères et sœurs en islam… cette lettre m’a coûté plus de larmes que d’encre. J’ai longtemps hésité à l’écrire. Le cœur serré, la gorge nouée, mais le devoir d’amour m’a poussé à le faire.
Mes frères, mes sœurs,
Je vous écris avec une douleur au fond du cœur, une de celles qu’on ne peut pas expliquer sans verser une larme.
J’ai longtemps porté ce silence. Ce cri. Cette inquiétude. Je suis ce frère que vous avez peut-être croisé dans une mosquée, dans un cercle de rappel, ou dans un silence partagé entre deux invocations. Je suis ce frère discret qui regarde sa communauté s’égarer… et qui souffre de ne pas savoir comment la ramener.
Je vous écris non pour juger, mais pour pleurer avec vous, pour pleurer sur nous, et sur le destin de notre communauté, la Ummah.
Je vous ai vus grandir dans la lumière de l’islam. Je vous ai vus aimer la vérité, rechercher le bien, fréquenter les mosquées, réciter le Coran.
Je vous ai entendus parler d’Allah avec émotion, défendre le voile, la pudeur, la justice, l’unité…
Et puis… le vent du monde est passé.
Les soirées ont remplacé les veillées en adoration.
Le dernier clip est devenu plus urgent que la dernière sourate.
La passion vous a séduits, les tendances vous ont emportés.
Et moi, votre frère, je vous ai regardés vous éloigner sans savoir comment vous retenir…
Mon cœur saigne quand je vois l’oubli d’Allah s’installer.
Quand vous dansez alors que la tombe se creuse. Quand vous riez sans prier.
Quand le hijab devient une option, et la pudeur un fardeau. Quand les rappels vous ennuient, et que les fêtes vous réveillent.
Frères, sœurs… je ne vous déteste pas, au contraire, je vous aime plus que vous ne puissiez l’imaginer. Je suis ce frère discret qui invoque pour vous chaque nuit. Celui qui pleure pour votre avenir comme une mère pleure son fils.
Je suis ce frère qui ne supporte plus de vous voir fuir Celui qui vous a tout donné.
Ce n’est pas votre beauté que je veux… Ni vos likes, ni vos regards, ni vos sourires. Je veux votre amour pour Allah. Je veux votre retour vers le Coran.
Je veux vous voir apaisés par la prière, lavés par les larmes du repentir.
Je n’écris pas pour accuser. J’écris comme on jette une bouteille à la mer…
en espérant qu’elle touche au moins un cœur vivant.
Vous m’avez peut-être oublié, comme vous avez oublié votre promesse à Allah,
Mais moi, je vous attends. À la mosquée, dans la prière, dans le silence de la nuit.
Je vous attends à la porte du repentir.
Un geste de retour… et nous marcherons ensemble vers le Jannah.
Je n’ai que cette demande : Aimez Allah plus que ce monde.
Aimez-vous comme des croyants, pas comme des passants.
Le temps fuit. Les cheveux blanchissent. La mort approche.
Et demain, c’est trop tard.
Frères, sœurs… revenez à Celui qui vous attend plus que moi.
Allah vous aime, même quand vous ne L’aimez plus.
Et moi, votre frère soucieux, je ne cesse de prier pour vous.
Un frère blessé, mais plein d’espoir. Un frère qui ne vous abandonnera jamais.
À mes frères et sœurs de ce monde…
Il n’est jamais trop tard pour revenir vers celle qui t’a porté… Celle qui a vu la mort de près pour que tu voies la vie… Celle dont les bras ont remplacé le berceau… Celle qui t’a lavé, bercé, soigné……et aujourd’hui, pleure ton absence.
Le monde t’engloutit, la passion te dévore. Mais n’oublie pas que le Paradis se trouve aux pieds de ta mère. Accorde-lui un appel, une visite, un geste. Avant que la tombe ne devienne ton seul rendez-vous. Et quand tu la verras, ne détourne pas les yeux…Car ses cheveux sont devenus blancs en pensant à toi.
Fais un pas vers elle…Et Allah fera mille pas vers toi.
Quand le monde vous a volés à Allah
Je vous ai vus changer. J’ai vu des cœurs tendres devenir durs. Des jeunes lumineux sombrer dans l’ombre du paraître. J’ai vu des sœurs pleines de pudeur tomber dans les pièges des réseaux, et des frères passionnés d’islam glisser dans le confort des passions.
J’ai vu des statuts remplacer les invocations.
Des filtres masquer la fitna. J’ai vu des gens rire alors que leur âme saigne.
J’ai vu des prières être troquées contre des likes, et des versets oubliés au profit de refrains creux.
Je ne vous juge pas.
Je vous regarde avec douleur. Comme un frère regarde ses proches se noyer alors qu’il tient une corde… et qu’ils la repoussent en souriant.
Je vous aime pour Allah
Je vous aime sincèrement. Plus que vous ne pouvez le croire.
Ce n’est pas un amour éphémère, ce n’est pas une passion, ce n’est pas un attachement humain. C’est l’amour du frère qui rêve de vous retrouver au bord du bassin du Prophète ﷺ, tous ensemble, les visages rayonnants, les cœurs apaisés, les péchés pardonnés.
Je vous écris comme une mère pleure pour ses enfants. Comme un père qui attend qu’on l’appelle. Comme un frère qui saigne sans bruit.
Je vous en supplie…
Ne laissez pas la dounya vous voler la Demeure éternelle. Ne laissez pas vos prières mourir dans l’agitation du monde. Ne laissez pas votre âme mourir, alors que le Coran est un souffle de vie.
Il est encore temps
Il n’est pas trop tard. Même si tu as abandonné la prière. Même si ton hijab est au fond d’un placard. Même si tu es tombé mille fois. Allah t’attend encore.
Les gens t’ont peut-être effacé. La société t’a peut-être jugé. Tes proches t’ont peut-être déçu. Mais Allah, Lui, ne ferme jamais Sa porte.
Ce soir, allume une bougie dans ton cœur. Fais une petite ablution. Pleure. Parle-Lui. Même si tu as honte. Même si tu ne sais plus par où commencer.
Dis juste : « Ya Allah, je veux revenir. »
Et tu verras que Sa miséricorde arrivera avant que tu ne fasses le premier pas.
Revenons ensemble
Je ne t’écris pas pour t’humilier. Je t’écris pour te tendre la main. Je veux qu’on se retrouve ensemble, dans les rangs de la prière, dans les cercles du dhikr, dans les nuits du qiyâm. Je veux te voir sourire de nouveau, mais cette fois, parce que ton cœur goûte à la douceur de la foi.
Frère, sœur, si cette lettre t’arrive, ce n’est pas par hasard. C’est peut-être le cri silencieux de ton âme, que tu avais oublié d’écouter…
Et si je meurs avant toi…
Si je meurs avant toi, alors souviens-toi qu’un jour, un frère que tu ne connais peut-être pas, a pleuré pour toi, a invoqué Allah pour ton retour, a rêvé de te retrouver au Paradis.
Et si tu meurs avant moi, je prierai Allah de t’accueillir dans Sa miséricorde…
même si tu étais en train de chuter, car je crois au retournement des cœurs.
Une dernière demande
Aime Allah plus que ton confort. Aime le Prophète ﷺ plus que les tendances.
Aime ta foi plus que ton image. Et aime-moi comme un frère qui t’a aimé sans te connaître, uniquement pour Allah. Et si tu lis encore… alors fais ce pas vers Lui. Maintenant.
Votre frère soucieux. Qui vous écrit, en pleurant… …mais en espérant.
Diamba MANE, la plume soucieuse !


























































