L’Afrique est le seul continent où la politique est au-dessus de tout, même de l’engagement citoyen. Le militantisme y est devenu comme une nouvelle religion. Dans le vieux continent, le passage d’une alternance à une autre fait chaque fois des pertes en vies humaines.
L’arrivée au pouvoir du Président Macky Sall a enregistré une dizaine de morts, celle du Président Diomaye Faye, plus de 80 morts. Depuis l’arrivée du nouveau régime au pouvoir, cette affaire n’a pas été tirée au clair et les responsabilités n’ont pas été situées.
Par ricochet, une journée des martyrs a été organisée, avec encore une grande coloration politique. Récemment, l’UCAD a connu de violentes confrontations entre les forces de l’ordre et les étudiants qui réclamaient, pour la énième fois, le rétablissement de leurs bourses. Ces affrontements ont été soldés par la mort d’un étudiant en médecine du nom d’Abdoulaye Ba.
La disparition de ce jeune garçon innocent, qui ne réclamait que son dû pour améliorer ses conditions d’apprentissage et se forger un avenir meilleur, est une tragédie. Il voulait juste servir sa nation et se tailler une place au soleil pour enfin essuyer les larmes de sa mère, déjà veuve, qui comptait beaucoup sur lui pour sortir de la précarité.
En outre, ce qu’il faut à juste titre blâmer, ce sont les bavures policières dans le campus, car certaines images montrent un excès de zèle injustifiable envers les étudiants. Pourquoi faut-il faire subir à ces innocents une souffrance inouïe que personne ne peut cautionner ? Il faut donc rappeler à ces forces de défense et de sécurité que leur mission première est de défendre la sécurité et le bien-être des populations. Armés jusqu’aux dents face aux étudiants, ils ne détiennent pas seulement des armes, mais aussi la vie de notre future élite, celle qui gouvernera ce pays demain. Le respect strict des franchises universitaires doit être de mise pour que plus jamais un étudiant ne soit l’agneau du sacrifice.
Ce même régime ne doit aucunement être amnésique au point d’oublier qu’il a été porté par les jeunes, particulièrement les étudiants, pour arriver au pouvoir. Aujourd’hui, l’histoire se répète : fermeture du campus social et arrêt des enseignements jusqu’à nouvel ordre, alors qu’une bonne communication de crise aurait pu sauver des vies et nous épargner le pire.
J’invite les autorités qui ont en charge cette question à lâcher du lest pour relancer un dialogue sincère et franc avec les étudiants, en vue d’une résolution définitive de ce problème qui n’a que trop duré. Car rien ne peut justifier la mort d’un enfant innocent, rien ne peut égaler la vie humaine. À mon sens, aucune circonstance, ni la vengeance ni la raison d’État, ne justifie que la société ou le pouvoir commette un meurtre.
Mes sincères condoléances à la famille éplorée et à la communauté estudiantine.
Younous Sall, auteur, professeur et coach en développement personnel.


























































