La mobilisation de Siteu (écurie Lansar) fait couler beaucoup d’encre. Qu’est-ce qui est à l’origine de sa popularité grandissante ? On vous livre tous les secrets ?
Secret 1 : Ses exploits dans les mbapatt
Siteu a fait un long passage dans les mbapatt. Ceux qui l’ont connu, depuis ces séances nocturnes de lutte, savent qu’il y avait déjà impressionné plus d’un. «Siteu était très gringalet lorsqu’il écumait les mbapatt. Mais en dépit de cela, il réussissait à terrasser de très grands champions. Et c’est à partir de là que son nom faisait le tour des mbapatt», nous confiait le lutteur Pape Cargo (Tay Shinger), actuellement en France où il mène sa vie dans le domaine de la sécurité privée. Personne ne pouvait imaginer jusqu’où s’étendait la popularité de l’enfant chéri de Dionewar. Les témoins de ses débuts de carrière révèlent que c’est dans les mbapatt que Siteu avait été découvert par Ness. Ce dernier l’avait pris par les mains pour l’amener à Lansar, où il le présentait comme un vrai phénomène qui avait déjà un avenir radieux.
Secret 2 : Champion du social
Quand un être humain est social, il est forcément très connu et les demandes sociales pèsent sur ses épaules. Siteu est aussi un champion au plan social. La preuve, il n’a pas décidé d’aller habiter en dehors de Diamaguène où il a vu jour il y a trente ans. Lorsqu’il a eu les moyens de s’acheter une maison, il est resté au cœur de Diamaguène, donc au cœur de la demande sociale. «Un jour, un jeune fan était venu jusqu’à moi pour m’exposer son besoin urgent. En discutant avec lui, il m’avait montré ses diplômes. Mais il m’avait indiqué, le cœur lourd, qu’il peinait à trouver un boulot, alors qu’il était un responsable de famille. L’exposé de sa situation m’avait tellement turlupiné que j’étais obligé de vider toutes mes poches pour l’aider. Mais après, j’étais soulagé d’avoir pu secourir quelqu’un qui était réellement dans le besoin», révélait un jour le poulain de Max Mbargane.
«Fodé Dramé est décédé. Il était un vrai ami pour moi, un frère de surcroît. De son vivant, il me confiait que le jour qu’il aurait eu les moyens il allait acheter une maison à sa mère afin de la mettre à l’abri du besoin. Je ne pouvais pas être insensible à ses confidences, celles de mon défunt préparateur mystique. C’est pourquoi j’ai acheté un terrain à sa mère et j’y ai construit un bon bâtiment», pleurait Siteu, lors de l’inauguration de ladite maison. Très fort comme acte social !
Secret 3 : seul VIP à Diamaguène
Dans la lutte, il faut reconnaître que chaque localité a un porte-étendard. Modou Lô aux Parcelles assainies, Balla Gaye 2 à Guédiawaye, Gris Bordeaux à Fass, etc. Siteu est incontestablement le porte-drapeau de Diamaguène. Lors de ses combats, toute cette localité de la grande banlieue de Dakar ne dort pas et tout le monde se mobilise pour remplir l’Arène nationale. À lui tout seul, il peuple ce grand stade de la lutte de plus de 20.000 places grâce à son armée d’ultras. Qu’il sorte de défaite ou de victoire, Siteu a cette inexprimable chance de grossir à chaque fois son monde.
Secret 4 : Courageux dans l’enceinte
Contrairement à Lac 2 jugé défensif, Siteu est un combattant qui ne triche jamais dans l’enceinte et ne fait jamais dans la défensive. Peut-être qu’il est toujours sûr de son potentiel, mais le sociétaire de Lansar prend toujours des initiatives, engage toujours le combat sans trop de calculs. Il y a eu peu de combats où Siteu laisse l’initiative à l’adversaire. Qu’il perde ou gagne son combat, peu importe. Pour lui, le plus important c’est de pouvoir montrer un visage de guerrier à ses nombreux admirateurs. «À Diamaguène, il n’y a pas de poltrons. Siteu n’a jamais eu peur de ses adversaires. Le jour qu’il manifestera un visage de froussard, on ne va plus le suivre. Lui-même le sait très pertinemment», jurait un fervent fan du Phénomène de Lansar en marge d’un de ses combats.
Siteu est un vrai champion de la mobilisation. Pendant qu’il était un petit tailleur dans son Diamaguène natal, peut-être que rien ne pouvait lui présager cette grande popularité.
Abdoulaye DEMBÉLÉ
























































