Jean Pierre Senghor, président du Mouvement «Vision Sédhiou», a adressé une citation directe pour diffamation à Ibou Dramé Sylla. Ne souhaitant pas le procès, qui est prévu le jeudi 2 mai prochain devant la Chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Sédhiou, des dignes fils de la localité font des pieds et des mains pour la médiation.
«Je pense très sincèrement que Jean Pierre Senghor aura l’élégance et la dignité de se départir de toute fonction politique et attendre que le dossier des 29 milliards du PRODAC soit tiré au clair», avait écrit Ibou Dramé Sylla concernant l’affaire des 29 milliards FCFA du PRODAC (Programme des Domaines Agricoles Communautaires) impliquant de grands responsables du pays et faisant l’objet d’un rapport des corps de contrôle.
Mortifié par ce post, le président du Mouvement «Vision Sédhiou» aurait laissé entendre, dans un commentaire sur Facebook, que le jeune professeur de Philo avait «une volonté de le nuire politiquement», et il se voyait «personnellement et professionnellement indexé comme un voleur et une personne qui détourne les deniers publics». Pour laver son honneur, Jean Pierre a saisi la Justice pour «diffamation» et a servi une citation directe au sieur Sylla.
Les sanctions encourues par Ibou Dramé Sylla
En règle générale sur le plan juridique, la victime de la diffamation porte plainte contre l’auteur des propos diffamatoires auprès des forces de l’ordre ou du tribunal judiciaire du lieu de l’infraction ou du domicile de l’auteur de l’acte. Les sanctions encourues par l’auteur d’une diffamation sont différentes suivant que celle-ci est publique ou privée et l’existence ou non de circonstances aggravantes.
L’accusé, dans ce cas d’espèce Ibou Dramé Sylla, peut se défendre en démontrant la véracité des faits allégués et en justifiant sa bonne foi. Dans cette affaire, l’accusé semble déjà préparer sa défense sur le plan de la bonne foi. Car, se défend-il : «S’il juge mes mots trop durs, cela n’entre aucunement dans ma visée. En effet, mon commentaire s’adressait à lui, à Abdoulaye Diop (maire de Sédhiou)…». Mieux, il estime qu’ils sont «sur le terrain politique au même titre que lui (NDLR : Jean Pierre Senghor). Et que l’espace public qu’il a investi est un lieu de débat, de discussion».
Des dignes fils de Sédhiou démarchent la paix
Beaucoup de dignes fils de Sédhiou ne souhaitent pas que cette affaire politico-judiciaire souille les relations des deux cadres de Sédhiou. «Toutes les bonnes volontés doivent chercher une issue à l’amiable pour cette affaire entre deux fils de Sédhiou avant que le problème ne soit vidé au tribunal. Il y’a des raisons d’espérer», déclare Pape Makama Diakhaté, journaliste-écrivain et cadre. «J’ai mal au cœur. Ce malentendu entre deux illustres fils de Sédhiou nous met tous mal à l’aise. Je me réjouis de savoir que des gens de bien tentent de les réconcilier» ajoute Makalou Cissé, professeur de Lettres à Sédhiou. «D’ailleurs, je leur ai proposé de trouver au préalable un terrain d’entente et sauver l’image de Sédhiou», avance Omar Baldé, responsable des jeunes patriotes de Sédhiou.
L’ancien député de l’APR, Boubacar Biaye, a aussi saisi la rédaction de DemActu pour s’indigner de la situation et en profiter pour préconiser la paix des braves.
Le procès est prévu le jeudi 2 mai 2024, à 8h30, devant la Chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Sédhiou.
Abdoulaye DEMBÉLÉ
























































