À part Olivier Boucal de Goudomp, nommé ministre dans le gouvernement du Premier ministre Ousmane Sonko, la région de Sédhiou n’a eu aucune autre nomination avec le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye. Cela fait couler beaucoup d’encre et de salive.
Cette affaire fait beaucoup palabrer à Sédhiou. La commune n’a jusque-là aucune nomination, ni au poste de ministre de souveraineté ni au niveau d’une direction.
Est-ce que cela veut dire que le Pakao n’a pas de cadres capables de représenter dignement le Sénégal dans des ministères ou des directions de la République ? Cela n’est plus un débat. La preuve, demactu.com avait listé les cadres de la Coalition Diomaye Président dans un papier (article) publié sur ce même site. Et retenez-le, ils sont une infinité !
Le député Ayib Daffé au banc des accusés !

Pour tenter de comprendre ce qui fait que Sédhiou n’a pas encore de nominations de la part du tandem Ousmane Sonko / Bassirou Diomaye Faye, nous avons pris langue, dans la plus grande discrétion, avec quelques cadres et intellectuels membres de la Coalition Diomaye Président de la région de Sédhiou qui nous ont livré des confidences inédites. Leur explication repose sur un fait loin d’être anodin. En effet, pour beaucoup d’entre eux, l’honorable député Ayib Daffé y serait pour quelque chose. «Aujourd’hui, Ayib Daffé est le Secrétaire national du PASTEF-les patriotes. Il a la chance d’être avec le Premier ministre Ousmane Sonko mais surtout avec beaucoup d’autres personnalités du pouvoir actuel. Sous ce rapport, Ayib Daffé a cette opportunité de plaider la cause de ses camarades cadres de Sédhiou auprès de leurs mentors», nous confient plusieurs cadres de Sédhiou sans accepter d’être cités. D’autres langues sont allées beaucoup plus loin. À les en croire, «Ayib Daffé aurait été conseillé par… (NDLR : on préfère taire le nom) à ne pas faire la promotion d’autres cadres de la même localité au risque de se faire reléguer au second plan». Comment cela peut-il être possible ? Nos sources s’en expliquent : «Ayib Daffé est juste un député. Cela veut dire qu’il n’a pas un budget pour aider socialement beaucoup de personnes, pour les avoir dans ses cordes et en profiter pour étoffer son monde. Alors que, Si Ayib aide quelqu’un à devenir un DG ou un ministre, ce dernier aurait plus de chance que lui. Il aurait forcément un budget qui lui serait un trésor de guerre. Et avec cette manne financière, il pourrait aider beaucoup de personnes et augmenter ses chances de drainer des foules».
Pour ceux qui soulèvent cette thèse (à tort ou à raison), c’est la raison pour laquelle un haut cadre voire un baron de la politique de Sédhiou aurait déconseillé l’actuel Secrétaire national du PASTEF «à jouer les bons offices afin que ses camarades du parti, au niveau notamment local, soient promus à des directions». Ah non, un mauvais conseil politique ! Un non sens ! «Si cela est avéré, ce serait vraiment du grand n’importe quoi», clament d’autres sources anonymes.
Comment éviter le syndrome Abou Diop avec l’APR ?

Abdoulaye Diop dit Abou Diop était plusieurs fois ministre sous Macky Sall et Directeur général du COSEC (Conseil sénégalais des Chargeurs) pendant des années. À part Dr Annette Seck, actuelle présidente du Conseil départemental de Sédhiou, et Jean Pierre Senghor du «Mouvement Sédhiou Vision», le maire de Sédhiou a été le seul qui avait eu beaucoup de nominations sous le magistère du président Sall.
À part Ansoumana Sané, que Abdoulaye Diop avait fait nommer Directeur du Grand Théâtre national en tant que ministre de la Culture, les autres cadres de Sédhiou étaient laissés à quai. Leur frustration était tellement grande qu’ils avaient fini par claquer la porte de l’APR ou de la coalition Benno Bokk Yakaar pour la coalition Diomaye Président, à quelques petites semaines de la Présidentielle du 24 mars 2024.
Beaucoup de cadres de la coalition au niveau de Sédhiou nous confiaient que Abdoulaye Diop (dit Abou Diop) n’aurait rien fait pour qu’ils puissent occuper des postes stratégiques sous le magistère du Président Macky Sall. Pire, ils l’accusaient d’avoir recalé leur nomination auprès des autorités compétentes de l’ancien régime. Cette situation avait créé un climat délétère dans le Benno Bokk Yakaar de Sédhiou.
Aujourd’hui, la même situation pourrait se passer avec l’honorable député Ayib Daffé. Beaucoup de cadres de la coalition Diomaye Président nous confient que c’est lui qui n’aurait rien fait pour qu’ils puissent être nommés à des postes ministériels ou de directions. Ce qui est certain, c’est que si rien n’est fait pour les cadres de Sédhiou, le nom d’Ayib Daffé en sortirait très terni et un sérieux problème de confiance barbouillerait leur belle entente. L’allusion est tellement directe que le fils de l’ancien ministre Balla Moussa Daffé ne s’en sortirait pas sans dégâts. Ah oui, cela est plus que certain ! Il doit à ce propos peser de tout son poids pour que ses camarades du parti soient soulagés par une ou deux nominations à des postes de l’État. Ce serait donc le syndrome Abou Diop, un précédent dangereux ! «Si rien n’est fait, cela peut avoir un impact négatif sur la perception du changement prôné par le Pastef. Les Sédhiouis adorent les nominations politiques. Et le fait de voir Ayib tout le temps avec Sonko pourrait faire penser qu’il en est capable mais qu’il ne voudrait pas promouvoir les fils du terroir. Perception dangereuse qui a fait chuter Abou, nonobstant la nomination, in extremis, de Ansou Sané» disserte un analyste politique local.
Pour éviter une probable fissure de la coalition au pouvoir dans le Sédhiou, Ayib Daffé ne devrait pas rester les bras ballants, il pourrait faire des pieds et des mains pour tenter de décanter la situation. Avec son sens développé de l’observation et son intelligence obséquieuse, le député sédhiouois devra apprécier la situation politique locale et en tirer des conséquences…
Abdoulaye DEMBÉLÉ


























































