La crise de décembre 1962 fut une incohérence juridique à la tête de l’exécutif instaurant un bicéphalisme entre le président de la République Léopold Sédar Senghor et le président du Conseil Mamadou Dia.
À cette époque le Sénégal s’était inspiré du régime parlementaire français, qui donnait la primauté du pouvoir au président du Conseil (équivalant aujourd’hui au rang de Premier ministre). Cette crise institutionnelle va créer deux mouvements (ou courants) différents : les «Diaistes» communistes et les «Senghoristes» se réclamant du socialisme français.
Dans ce sillage, les partisans de Mamadou Dia se sont basés sur l’arrêt Séga Fall qui disait : «Toute loi qui n’est pas votée à l’hémicycle est irrecevable.» Les partisans de Senghor étaient sous le magistère du premier avocat africain originaire du Mali voisin, Lamine Coura Cissokho. Celui-ci avait ordonné aux députés qui lui étaient favorables (47 parlementaires) d’aller voter la motion de censure chez lui afin de renverser le gouvernement du président Dia.
Les conséquences de cette crise avaient entraîné de multiples arrestations du côté des partisans du président Dia. Le célèbre avocat et homme politique Valdiodio Ndiaye fut arrêté et le président Dia quant à lui sera condamné à perpétuité à la prison de Kédougou. Il est devenu aveugle en prison qu’il avait inauguré à l’époque avant son embastillement. Quand Senghor avait envoyé des mercenaires pour négocier avec le président Dia en prison, ce dernier avait refusé les conditions qui devaient lui permettre de recouvrer la liberté. D’où sa fameuse phrase : «Allez dire à Senghor que je préfère vivre libre en prison plutôt que d’être prisonnier dehors.»
Par Professeur Lamine MANÉ, l’incompris
























































