MÉDINA GOUNASS a été le théâtre d’une bataille macabre entre les deux camps rivaux qui se vouent une haine viscérale.
Cité religieuse connue pour son Dakka, Médina Gounass (centre-sud du pays) héberge deux familles religieuses à savoir celle de Amadou Tidiane Bâ et celle de feu Amadou Baldé remplacé au fauteuil par Mounirou Baldé.
Ces deux foyers religieux partagent le même périmètre et vivent dans une guerre froide depuis près de trois décennies. Chacun se targuant d’être le mieux côté et le plus lettré.
C’est dans ce voisinage électrique que se livrent à chaque fois des rixes d’une extrême violence.
Comme à leur habitude, Amadou Tidiane Bâ Khalife de Gounass et ses disciples prient chaque année dans un espace public situé à la lisière des concessions tandis que Mounirou Baldé Khalife de Médinatoul Houda et ses «talibés» (disciples) prient dans leur grande Mosquée au cœur de la ville.
Ainsi à la fin de leur prière, Amadou Tidiane Bâ et son cortège déferlent vers leur domicile voulant passer sur les installations du camp rival alors qu’il n’avait pas fini de faire leur prière.
Le véhicule du Khalife de Médina Gounass, totalement vandalisé

C’est ainsi qu’un échange de propos aigre doux s’y est glissé et des jets de projectiles qui atterrirent sur le véhicule du Khalife de Médina Gounass, totalement vandalisé.
Les deux camps en sont venus à une véritable intifada qui aurait fait deux morts et une trentaine de blessés en sus des maisons brûlées.
Aux dernières nouvelles, le Gouverneur de la région de Kolda, Sahër Ndao et le Préfet de Vélingara, Thierno Souleymane Sow, ont tenté de jouer aux bonds offices pour calmer cette violence inouïe.
D’ailleurs le Ministre de l’intérieur, Jean Baptiste Tine, serait attendu demain (ce mardi) pour la poursuite des discussions afin que s’apaise cette tension.
En tout état de cause, l’État et les nouvelles autorités devraient prendre à bras le corps ce dossier sensible qui ne cesse d’enfler d’année en année. Sinon, constatent beaucoup, on risque d’assister à une véritable guérilla car dit-on lors de cette bataille rangée des civils auraient usé de grenades lacrymogènes.
La sécurité devrait être renforcée au maximum du fait de la position frontalière de Gounass qui jonchent à la fois une partie du parc Niokolo Koba, la Guinée-Bissau et la Guinée-Conakry.
Tout laisse présager une éventuelle présence de forces étrangères.
Un dossier que doivent prendre au sérieux les autorités avant que le pire n’arrive…
Junior COULIBALY (Correspondant à Kolda)
























































