Quand le droit recule, l’arbitraire avance : l’affaire Papa Malick Ndour, une dérive dangereuse pour notre démocratie.
Ce qui s’est passé ce samedi 4 octobre 2025 à l’aéroport international Blaise Diagne (AIBD) est indigne d’une République fondée sur le droit. Mon camarade, frère de parti et ancien collègue Président de conseil départemental, Papa Malick Ndour, a été empêché d’embarquer à bord d’un vol pour Paris, puis placé en garde à vue sans notification préalable, ni décision judiciaire.
Cette décision injuste, brutale et arbitraire ne peut rester sans dénonciation, car elle constitue une menace grave pour nos libertés fondamentales et pour la stabilité démocratique de notre pays. La liberté d’aller et venir est consacrée par notre Constitution. Elle ne peut être limitée que dans les cas strictement prévus par la loi, et avec les garanties de procédure qui s’imposent.
Or, dans le cas de Papa Malick Ndour, aucune interdiction judiciaire n’a été formulée contre lui.
Le juge d’instruction n’a émis aucune mesure restrictive. La supposée lettre d’interdiction venue du ministre de l’Intérieur n’a été ni notifiée ni motivée.
Il a été retenu hors de tout cadre légal clair, au mépris total de ses droits et de la transparence que commande tout acte administratif ou judiciaire dans un Etat de droit.
Que l’on ne s’y trompe pas : cette mesure n’a rien d’innocent
Elle intervient à la veille d’une réunion importante des cadres républicains à Paris, alors que Papa Malick Ndour s’illustre par une posture critique, mais républicaine, vis-à-vis de la gestion actuelle du pays, notamment sur les questions budgétaires, économiques et institutionnelles.
Ce que nous voyons ici, c’est la tentative d’un pouvoir de bâillonner une voix discordante. Ce n’est pas une IST; c’est une stratégie de musellement politique déguisée en mesure administrative.
Une alerte sérieuse pour les républicains et démocrates sincères
Je refuse de me taire lorsque les principes qui fondent notre engagement politique sont bafoués. Ce que subit Papa Malick Ndour aujourd’hui, Mansour Faye et Madiambal Diagne l’ont vécu hier, et cela pourrait arriver demain à n’importe quel citoyen, quelle que soit sa sensibilité politique.
La démocratie ne se résume pas à une élection. Elle se mesure dans la capacité de l’Etat à protéger ses opposants, à garantir l’égalité de tous devant la loi, à respecter les droits de chacun.
J’interpelle solennellement les autorités. Je demande ici, au nom du bon sens républicain la publication claire et transparente de la base légale (s’il en existe une) de cette mesure d’interdiction de sortie du territoire ;
Nous ne pouvons pas défendre le droit uniquement quand il nous arrange. Nous devons le défendre même, et surtout lorsqu’il protège ceux avec qui nous ne sommes pas d’accord.
Le Sénégal ne doit pas reculer
Notre pays a longtemps été un modèle de démocratie en Afrique de l’Ouest. Ce modèle repose sur des institutions fortes, mais surtout sur le respect des règles, des contre-pouvoirs, et de la dignité humaine.
Aujourd’hui, ce qui se joue, ce n’est pas le sort personnel de Papa Malick Ndour. Ce qui est en cause, c’est la tentation de dérive autoritaire qui gagne du terrain. Et nous devons, collectivement, mettre un coup d’arrêt à cette pente dangereuse.
Je suis un homme de dialogue, de débat et de convictions. Et c’est au nom de ces convictions républicaines que je dis : trop, c’est trop !
Papa Malick Ndour doit être rétabli dans ses droits. Le droit doit reprendre le dessus sur les humeurs politiques.
Et l’Etat doit rester au service de tous, et non d’un clan.
Le silence des justes est parfois pire que l’injustice des puissants. Ne soyons pas silencieux
Par Boubacar Wilembo BIAYE)
Ancien Député- PCD de Sédhiou,
Membre Secrétariat Exécutif de l’APR
Coordonnateur départemental de l’APR SEDHIOU
























































