Sédhiou, une ville du sud du Sénégal, regorge de potentialités artistiques souvent méconnues et sous-estimées. Malgré une richesse culturelle indéniable, les artistes locaux peinent à trouver reconnaissance et soutien, de la part des autorités et de la communauté.
Thiko, un artiste plasticien et sérigraphe de la région, dresse un constat amer : «Les Sédhiouois ne connaissent pas trop l’importance des œuvres artistiques. Il arrive que nous restions pendant 10 ans sans avoir d’acheteur.»
À Sédhiou, l’art souffre d’un manque cruel de visibilité et de soutien. Les artistes travaillent dans l’ombre, souvent depuis leur propre domicile, faute de structures adaptées. «Nous ne recevons pas d’accompagnement auprès des autorités, nous travaillons avec nos propres moyens», déplore Thiko.
L’absence d’un village artisanal, espace où les touristes et locaux pourraient découvrir et acheter des œuvres d’art, est une lacune criante. Les artistes de Sédhiou ne restent pas inactifs face à cette situation. Ils ont multiplié les appels à l’aide et les demandes de soutien, sans jamais obtenir de réponse satisfaisante. «Nous avons toujours écrit aux autorités au sujet de notre situation mais nous n’avons jamais eu de satisfaction», confie Thiko.
Autrefois, le Centre culturel régional, sous la direction de l’ancien Directeur, monsieur Badiane, promouvait activement les arts et la culture. Mais aujourd’hui, cette dynamique semble s’être estompée au grand déplaisir des artistes.

La marginalisation des artistes locaux s’étend même aux institutions professionnelles. Au sein de la Chambre des Métiers de Sédhiou, les artistes plasticiens et sérigraphes se voient refuser leur place légitime. «Dans les autres localités du pays, les artistes ont leur carte professionnelle. Ici, on nous dit que nous n’avons pas notre place dans la corporation», s’insurgent les créateurs.
Face à ces défis, il est urgent de réévaluer la place de l’art à Sédhiou. Les autorités locales et nationales doivent reconnaître et valoriser le potentiel artistique de cette région. L’art ne se résume pas à une simple activité économique. Il est, en effet, le reflet de l’âme d’une communauté, un vecteur de cohésion sociale et un outil puissant de développement culturel.
Sédhiou ne doit plus être la ville où les talents artistiques se meurent dans l’ombre. Il est temps que la voix des artistes soit entendue et que des mesures concrètes soient prises pour soutenir et promouvoir les arts dans cette région. La création d’un village artisanal, le soutien institutionnel et la reconnaissance professionnelle des artistes sont des pas essentiels pour permettre à Sédhiou de briller sur la scène artistique nationale et internationale.
Alassane DIALLO, correspondant à Sédhiou



























































