C’est à la suite de la publication d’un message remettant en cause l’indépendance d’un magistrat que M. Faye est poursuivi pour « outrage à magistrat » et il passera presque un an en détention provisoire, non loin d’Ousmane Sonko.

Les deux hommes sont proches et présentent de nombreuses similitudes, au point que la formule « Diomaye mooy Sonko » (« Diomaye, c’est Sonko ») assénée pour encourager les militants et partisans de l’ex-Pastef à soutenir le dauphin choisi en votant pour lui prend tout son sens. Ils ont suivi le même parcours académique puisqu’ils ont tous les deux été diplômés de l’École nationale d’administration (ENA). Ils occupent tous deux le poste d’inspecteur des impôts et domaines. C’est d’ailleurs par ce biais qu’ils cofondent le parti Pastef-Les Patriotes. Diomaye sera l’homme de l’ombre et Sonko incarnera le parti. L’homme de 44 ans devient secrétaire général du parti en 2022 et dirige également le mouvement national des cadres patriotes ainsi que la diaspora. Il partage avec Ousmane Sonko les mêmes aspirations et visions souverainiste, panafricaniste, ainsi qu’un patriotisme économique. Il a ainsi participé à la rédaction du programme pour la campagne électorale. Entre autres propositions : des réformes institutionnelles telles que la suppression du poste de Premier ministre et la création du poste de vice-président, la création d’une monnaie locale pour sortir du franc CFA ou encore la renégociation des contrats pétroliers et gaziers du Sénégal pour un plus large contrôle des ressources.
Son discours radical parle aux Sénégalais désireux d’un changement
Un positionnement qui séduit beaucoup la jeunesse, l’essentiel de son électoral, mais pas seulement. De plus en plus, ce discours radical parle aux Sénégalais désireux d’un changement après douze ans de pouvoir de Macky Sall. Celui qui n’a jamais pensé à faire de la politique se retrouve désormais en première ligne et propulsé candidat dans une élection plus ouverte que jamais. Sans expérience politique et jamais élu, il peut néanmoins, grâce à la validation d’Ousmane Sonko, bénéficier de la machine électorale du Pastef et du soutien des militants qui suivent le mot d’ordre du président.
Avec leur libération, c’est toute la campagne électorale, inédite car raccourcie à deux semaines (au lieu des trois habituelles) et se déroulant pendant la période de ramadan, qui va être bousculée.
Par Clémence Cluzel (Point.fr)
























































