J’ai été marqué par la symbolique de son discours, loin des chiffres à milliards de Macky Sall avec des champs lexicaux qui renvoient à sa perception de puissance de l’État ( » j’ai instruit », » j’ai signé », » je dégage un budget », etc.), le président Diomaye a fait un discours franc sur les vrais enjeux. En lieu et place d’un pouvoir omniprésent et autoritaire de Macky Sall, qui a trop souvent écarté les meilleurs pour s’entourer de médiocres qui excellent que dans la flatterie et…la basse police, le président Diomaye propose un pouvoir serviteur, juste et équitable, protecteur !
J’admire l’esprit d’ouverture, déjà affiché par son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye, appelant à une large concertation. Lanceurs d’alerte, possibilité de dénoncer, avis sur le programme, etc., cette manière d’impliquer, de près ou de loin, les populations dans la nouvelle marche du Sénégal m’autorise à penser que le président Faye ne compte pas faire dans la politique politicienne…
À tout processus, surtout en politique, il faudrait non pas un leadership omnipotent et soi-disant omniscient, mais un leadership avisé, convaincu et déterminé, soucieux et capable d’efficacité. Par leadership, je n’entends certainement pas la direction exclusive des affaires collectives, accaparée par un individu réputé exceptionnel, perçu et se percevant lui-même comme un thaumaturge, capable à lui seul d’opérer le miracle trop longtemps attendu de notre développement.
Un grand déficit sur les propositions concernant sa politique culturelle
Le programme de la coalition Diomaye Président, que j’ai lu entièrement, est excellent. La seule observation que j’avais faite en le lisant, c’est qu’il y a un grand déficit sur les propositions concernant sa politique culturelle. Une vision claire sur ce plan fait défaut. Mais, comme toute œuvre humaine, le programme est excellent mais pas parfait. À ce propos, j’appelle à une concertation, non pas avec les mêmes têtes depuis Senghor (Premier président de la République du Sénégal) dans le domaine, mais avec cette nouvelle génération très connectée qui voit loin et large pour faire entrer le Sénégal, de plain-pied, dans la nouvelle économie culturelle.
Nous avons souvent parlé de « souveraineté économique », mais nous avons peu parlé de « souveraineté culturelle ». Il faut certainement suivre le film « Wolf Warrior » de Wu Jing ou voir les grandes industries culturelles des pays du Nord pour comprendre l’importance de ce champ de bataille mondialisé contre des “ennemis”… La culture, au sens plus élevé, n’est ni passe-temps récréatif, ni exercice formel, mais ce qui unit une communauté dans une foi. Elle est la pierre de touche de l’humain. C’est elle qui donne sens à la vie et la définit. C’est donc en elle que l’homme peut vivre selon sa partie la plus haute, et honorer, comme le veut l’étymologie, ce qui en l’homme, dépasse l’homme. [Je ferai, certainement, un article chiffré, documenté et détaillé sur l’économie de la culture au Sénégal : les réformes à faire pour des emplois pérennes dans le secteur].
Que nous soyons acteurs politiques ou agitateurs d’idées, membres du Pastef ou Sénégalais tout court, sympathisants ou observateurs avisés, intellectuels engagés ou spectateurs, nous devons aider le président Bassirou Diomaye Faye à transformer le Sénégal. Chacun, dans ce qu’il sait faire le mieux, peut apporter sa pierre à l’édifice.
EL Hadji Omar MASSALY

























































