Dans le cadre du projet « Sansas », une initiative importante a été organisée au Centre de Formation professionnelle (CFP) de Sédhiou. Ce projet vise à sensibiliser les jeunes filles et garçons sur la santé de la reproduction, avec un accent particulier sur la prévention des grossesses précoces, un phénomène qui reste un obstacle majeur à la réussite scolaire des filles dans la région.
Yaya Sonko, éducateur et jeune leader, a souligné l’importance de cette activité, qui se déroule dans un centre accueillant un grand nombre de jeunes filles. «Aujourd’hui, nous sommes au CFP pour sensibiliser les jeunes filles et garçons à la santé de la reproduction, afin de mieux gérer les cas de grossesse en milieu scolaire. Nous appelons les autorités administratives et locales à assurer une meilleure prise en charge des victimes de grossesse. Il est regrettable de constater que de nombreuses jeunes filles, une fois enceintes, abandonnent leurs parcours scolaires. Nous lançons un appel aux autorités pour qu’elles prennent les mesures nécessaires afin de préserver l’avenir de ces jeunes filles», a-t-il déclaré.
Mame Demba Diatta, agent animateur socio-éducatif au Centre Conseil pour Adolescents (CCA) de Sédhiou, a également pris la parole. Il a expliqué l’objectif principal de cette rencontre : «Nous avons rassemblé de nombreuses jeunes filles pour les sensibiliser à un changement positif dans leurs établissements scolaires. Le thème de cette rencontre est la grossesse en milieu scolaire, un sujet essentiel, surtout ici au CFP, où nous accueillons un grand nombre de jeunes filles. Ces jeunes filles sont les mères de demain. Il est donc impératif qu’elles aient accès à ce genre d’information pour mieux préparer leur avenir. Ce que nous attendons d’elles, c’est qu’elles démultiplient ces informations auprès de leurs familles, amis et proches. Elles deviendront ainsi des références pour leurs sœurs, contribuant ainsi à la lutte contre la déperdition scolaire.»
Oumar Diallo : « Une initiative salutaire »

Oumar Diallo, inspecteur de vie scolaire à l’Inspection d’Académie de Sédhiou, a exprimé son soutien à cette initiative. «C’est une initiative salutaire, car tout ce qui contribue à retenir les enfants dans le système scolaire et à leur permettre de préparer leur avenir est essentiel. Sensibiliser sur les grossesses précoces est une action importante pour prévenir le décrochage scolaire. Les filles, étant particulièrement vulnérables, doivent être protégées contre les nombreux facteurs qui peuvent les empêcher de poursuivre leurs études. Nous avons des dispositions réglementaires qui permettent aux jeunes filles enceintes de continuer leur scolarité, contrairement à ce qui se passait auparavant où elles étaient exclues automatiquement. Grâce à une circulaire de 2007 et un arrêté de 2023, les filles enceintes peuvent désormais continuer leurs études tant que leur santé le permet. L’objectif est de prévenir les grossesses précoces pour que les filles puissent étudier correctement, sans interruption», a-t-il précisé.
Doubaless Yingou, directeur du CFP de Sédhiou, a exprimé toute sa reconnaissance envers l’ONG « Sansas », qui soutient cette initiative. «Nous apprécions particulièrement cette initiative, d’autant plus qu’ici au CFP, nous accueillons 97% de jeunes filles. L’ONG « »Sansas » nous aide considérablement dans notre mission de former et protéger ces jeunes filles. Leur intervention est essentielle pour la réussite de notre travail», a-t-il déclaré.
Cette rencontre, marquée par des échanges enrichissants entre jeunes, animateurs communautaires, autorités locales et scolaires, a permis de poser les bases d’une action collective en faveur de la protection des jeunes filles contre la grossesse précoce et la préservation de leur avenir scolaire. L’espoir est de voir ces messages de sensibilisation se diffuser largement, afin d’éviter que d’autres jeunes filles ne voient leur parcours scolaire interrompu par une grossesse précoce.
Alassane DIALLO (Correspondant à Sédhiou)



























































