À Manhattan, sur le Broadway, je renoue avec une vieille habitude, celle dont tous les passionnés du livre ne peuvent se passer : faire un tour dans une librairie new-yorkaise. Très séduit par l’importance qu’ils accordent au savoir, condition sine qua non pour bâtir un capital intellectuel solide, les gens défilent dans les librairies comme au marché.
Tri des nouveautés, lecture des quatrièmes de couverture, recherche de livres intéressants, feuilletage de titres captivants – avant l’acte d’achat – New York est un terreau fertile pour l’économie créative.
Contrairement à beaucoup de pays africains qui n’ont pas encore compris les enjeux économiques du secteur de l’édition, les États-Unis exploitent pleinement le potentiel de ce marché. En 2022, le chiffre d’affaires des éditeurs américains s’élève à 28,10 milliards de dollars, avec plus de 788 millions d’exemplaires vendus. Sur environ 2 194 maisons d’édition, le paysage éditorial américain est dominé par les « Big Five », qui contrôlent 80 % du marché. Parmi elles, Penguin Random House, géante multinationale, affiche en 2023 un chiffre d’affaires de 4,53 milliards d’euros, publie chaque année plus de 15 000 titres et emploie environ 10 000 personnes. Ces acteurs, soutenus par des politiques publiques stratégiques, innovent constamment et créent de la valeur ajoutée.
L’édition reste un secteur qui, tout comme les autres industries culturelles et créatives, peut devenir un véritable levier de croissance en Afrique. Mais pour cela, il faut identifier et comprendre les freins qui limitent son développement, puis proposer des solutions adaptées.
L’avenir du livre sur le continent repose sur notre capacité à investir et à structurer ce secteur pour en faire un pilier du développement économique et culturel. L’enjeu est de taille, mais le potentiel est immense.

El Hadji Omar MASSALY




























































