Le divertissement est devenu une présence quotidienne dans nos vies. Pourtant, derrière les paillettes de certaines séries sénégalaises très suivies, se cache une lente mais réelle destruction des valeurs familiales, religieuses et morales.
À travers des récits présentés comme réalistes, des millions de téléspectateurs sont exposés à une vision biaisée de la société, où l’on glorifie la tromperie, normalise la fornication, banalise le divorce et dénigre les pratiques religieuses.
Depuis quelques années, une nouvelle vague de séries télévisées sénégalaises envahit nos écrans et nos foyers, souvent sous prétexte de «réalisme», de «modernité», ou encore de «divertissement grand public». Mais derrière les scénarios bien ficelés, les jeux d’acteurs impressionnants et les moyens de production professionnels, se cache une autre réalité, bien plus sournoise : une lente mais constante déstabilisation des valeurs morales, familiales et religieuses de notre société.
Certaines productions, telles que «Maîtresse d’un homme marié», «Infidèles», «Fasséma», «Tassal ma tak la», ou «Mbaran», sont devenues des laboratoires de perversion morale, aux conséquences sociales dramatiques. Elles façonnent les mentalités, influencent les comportements, et redéfinissent insidieusement ce qui est acceptable ou non dans notre société.
Beaucoup de couples ont vu leur mariage sombrer après une consommation excessive de ces contenus ; des jeunes se sont égarés dans la désobéissance parentale, la fornication ou le rejet des principes religieux, à force de s’identifier à des personnages dépravés.
Face à cette offensive culturelle, notre responsabilité de croyants est d’alerter, éduquer, rectifier et proposer des alternatives.
RADIOSCOPIE DES SÉRIES LES PLUS PROBLÉMATIQUES

1. « Maîtresse d’un homme marié » – La normalisation de l’adultère
Cette série très populaire met en scène une femme qui entretient une relation extraconjugale avec un homme marié, le tout dans une ambiance de romantisme et de drame moderne. Le personnage principal est présenté comme une femme forte, courageuse et attachante, tandis que l’épouse légitime est perçue comme possessive et dépassée.
Constat unanime : cette fiction glorifie le statut de « co-maîtresse » au détriment de la dignité de l’épouse légitime. Elle encourage les jeunes filles à séduire les hommes mariés et à légitimer ce type de relation sous prétexte d’amour. Hadih : Le Prophète (PSL) a dit : « Toute femme qui cause la séparation entre une femme et son mari n’aura jamais le parfum du Paradis. » (Ahmad)
2. « Infidèles » – Le péché devenu tendance. Le titre est déjà explicite. Cette série présente, sans détour, des histoires de trahison conjugale, de relations extraconjugales, et de comportements immoraux dans un environnement luxueux et libéré. Pire, elle met souvent en avant des personnages qui réussissent malgré ou à cause de leur péché. Constat unanime : la jeunesse se voit proposer l’infidélité comme norme sociale, et la transgression comme acte de liberté. C’est une destruction de l’éthique conjugale islamique et une atteinte grave à l’institution du mariage.Coran : « Ne vous approchez pas de la fornication. C’est une turpitude et quel mauvais chemin. » (Sourate 17, verset 32)
3. « Fasséma » (Divorce-moi) – L’art de briser la famille. Cette série tourne autour du divorce comme si c’était un choix facile, voire un geste de fierté ou d’émancipation. Les personnages brandissent le divorce comme une arme émotionnelle ou une stratégie pour punir l’autre. Constat unanime : cela encourage les jeunes à croire que le divorce est la solution rapide à chaque tension dans le couple. Cela affaiblit la patience conjugale, pourtant essentielle dans l’islam. Hadith : Le Prophète (PSL) a dit : « Parmi les choses licites, le divorce est celle qu’Allah déteste le plus. » (Abu Dawud)
4. « Tassal ma tak la » (Divorce, je te marie) – Le mariage réduit à une marchandise. Dans cette série, le mariage est utilisé comme une stratégie de vengeance ou de chantage. L’amour, la fidélité et la responsabilité sont absents. Le contrat sacré du mariage devient une formalité vide de sens, que l’on manipule selon ses humeurs. Constat Unanime : on enseigne aux jeunes que le mariage n’est qu’un jeu, qu’on peut l’utiliser pour régler des comptes ou provoquer quelqu’un. Hadith : « Le mariage fait partie de ma tradition (Sunnah). Celui qui s’en détourne n’est pas des miens. » (Al-Bukhari)
5. « Mbarane » – La prostitution déguisée en survie. Cette série met en lumière la vie de femmes qui se prostituent, parfois par contrainte sociale, mais souvent présentées de manière glamour, compréhensible, voire justifiable. Les scènes osées sont nombreuses, avec un langage explicite et une ambiance libertine. Constat unanime : la prostitution devient une issue « tolérable » à la misère, voire une manière d’atteindre le confort matériel. Une vision extrêmement dangereuse pour des jeunes filles vulnérables. Allah dit : « Que ceux qui trouvent difficile le mariage gardent leur chasteté jusqu’à ce qu’Allah les enrichisse par Sa grâce. » (Sourate 24, verset 33)
QUAND LA FICTION DEVIENT POISON
1. La polygamie : une institution divine tournée en ridicule. Au lieu d’expliquer la sagesse derrière la polygamie en islam (qui est une ouverture divine avec des règles strictes), ces séries la présentent presque toujours comme un drame : trahison, violence conjugale, manipulation, humiliation des coépouses…Pourtant, Allah a dit : «Épousez deux, trois ou quatre parmi les femmes qui vous plaisent, mais si vous craignez de n’être pas juste, alors une seule… » (Sourate 4, verset 3). Ici, la condition est claire : la justice. Mais dans ces fictions, l’homme est dépeint comme un lâche ou un pervers, et la femme polygame comme une victime éternelle. C’est une manière détournée d’inculquer aux jeunes filles que la polygamie est une injustice, donc que l’islam est injuste.
2. L’instrumentalisation du divorce comme délivrance. Les titres comme « Fasséma » (divorce-moi) ou « Tassal ma tak la » (je divorce, tu me maries) banalisent le divorce. Il devient une arme émotionnelle, une sortie de confort, voire un tremplin vers une nouvelle vie amoureuse. Pourtant, le Prophète (PSL) nous a mis en garde : « Parmi les choses licites, le divorce est la plus détestée par Allah. » (Abu Dawud). Ces séries encouragent une culture de la séparation, plutôt que celle de la patience, du dialogue, du pardon et de la préservation du lien sacré.
3. L’orphelin maltraité : une réalité tristement normalisée
Dans « Djirim », et dans d’autres séries, on montre (sans dénonciation forte) comment les enfants deviennent les victimes de la méchanceté d’une belle-mère ou d’un proche, surtout quand il s’agit d’héritage. Certains vont même jusqu’à les marabouter ou les chasser du foyer. Pourtant, le Coran ordonne : « Et quant à l’orphelin, ne le maltraite pas. » (Sourate 93, verset 9). Et le Prophète (PSL) a dit : « Moi et celui qui prend en charge un orphelin serons au Paradis comme cela » (et il montra deux doigts rapprochés). Mais ces réalités sont montrées sans rappel religieux, ce qui les banalise.
4. La prière, le jeûne et la foi : objets de sketchs et de moquerie. Il devient de plus en plus courant de voir des scènes où l’on badine avec la prière, moque le Ramadan, ou tourne en dérision des croyants sincères. Ces sketchs sont souvent qualifiés de « comiques », mais en réalité, ils participent à la désacralisation de l’adoration. Le Prophète (PSL) a dit : « Celui qui se moque d’un acte religieux sort de la foi. » (Tafsir d’Ibn Kathir sur Sourate 9, verset 65-66). Ce ne sont plus de simples fictions : ce sont des outils de destruction spirituelle.
DES CONSÉQUENCES LOURDES SUR LA SOCIÉTÉ
Ses conséquences sont : divorces réels dus à l’identification des couples aux personnages de fiction ; perte du sens de la pudeur, notamment chez les jeunes ; rejet des principes islamiques en matière de mariage, d’héritage, de polygamie et de respect des parents ; influence culturelle néfaste imposée par des groupes dont l’agenda semble viser la déconstruction des repères religieux.
NOS CONSEILS RELIGIEUX ET RAPPEL AU DEVOIR
Les conseils que nous prodiguons : refuser de consommer aveuglément ces contenus; la foi impose un regard critique; ce que l’on regarde influence notre cœur; éduquer nos enfants à reconnaître le faux dans la fiction; discuter avec eux, les accompagner, leur proposer des alternatives éducatives et religieuses. Aussi, les parents doivent contrôler ce que regardent leurs enfants; discuter du contenu des séries et apporter un regard critique.
Encourager les créateurs musulmans à produire des œuvres positives. Le combat des idées se gagne aussi par la production audiovisuelle. Encourageons la production de contenus audiovisuels positifs : séries, courts-métrages, podcasts, chroniques religieuses et éducatives, etc.
Multiplier les rappels et les alertes. Rester silencieux, c’est parfois être complice. Remettre l’islam au cœur de l’éducation. N’attendons pas que la télé ou les réseaux sociaux éduquent nos enfants à notre place. C’est à nous de donner les repères islamiques, de valoriser le halal, de montrer l’exemple.
Rappeler avec douceur et fermeté.Nul besoin d’être violent dans le discours. Mais il faut oser dire la vérité, avec sagesse. Rappeler fait partie de notre rôle : « Et rappelle, car le rappel profite aux croyants. » (Sourate 51, verset 55)
ÉVEILLONS LES CONSCIENCES
Le divertissement n’est pas haram. Mais quand il devient un instrument de déviation morale, de promotion du zina, de rejet de la Sunna, de confusion des repères familiaux, il devient un poison culturel. Ce ne sont pas juste des séries. Ce sont des outils culturels puissants, souvent téléguidés par des lobbies opposés aux valeurs musulmanes. L’objectif est clair : affaiblir la cellule familiale, désacraliser le mariage, et déraciner les croyants. Mais en tant que croyants, nous avons une mission : « Vous êtes la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes : vous ordonnez le convenable, interdisez le blâmable et croyez en Allah. » (Sourate 3, verset 110)
Alors soyons les sentinelles de notre foi, les éveilleurs de notre jeunesse, les gardiens de nos foyers. L’alerte est donnée. Que chacun prenne ses responsabilités !
Diamba MANÉ, la plume soucieuse !

























































